Près de 25 ans après sa création à Nîmes (Gard), la société Symétrie (46 salariés, CA 2024 : 11 M€), qui fabrique des hexapodes de positionnement, tourne une page de son histoire. Elle rassemble ses 3 sites antérieurs dans une nouvelle usine de 3 500 m2, qu’elle inaugure dans la ville voisine de Bouillargues. L’investissement, d’un montant de 9 millions d’euros dont 1 million d’aides versées par Nîmes Métropole Agglomération et la Région Occitanie, lui permet de plus que doubler de surface. Symétrie, qui produisait une centaine de machines par an jusqu’ici, dispose désormais de la capacité industrielle pour multiplier ce volume par deux ou trois.
Une nouvelle approche technologique
Les hexapodes sont des systèmes mécatroniques, de grande ou de petite envergure, équipés de verrins qui permettent de positionner des objets dans l'espace avec un haut degré de précision. Ils sont majoritairement destinés aux industriels, pour la calibration des satellites notamment. Une haute technologie, conduisant Symétrie à investir en ce sens pour son nouveau site. L’entreprise a fait l’acquisition de machines "dignes d’un laboratoire de référence", tels que des instruments de mesure tridimensionnelle ou de contrôle des composants avant intégration (prix : de 300 000 à 400 000 euros pour certaines d’entre elles).
Pour son atelier technique, Symétrie s’est dotée d’une salle blanche certifiée ISO 5, et d’une grande salle de métrologie susceptible d’évoluer en salle blanche elle aussi selon les besoins. "Nous voulons monter en puissance dans notre capacité à délivrer des machines compatibles avec les salles blanches. Elles nous permettront de prendre de plus gros marchés chez les grands faiseurs dans les domaines de l’optique et des semi-conducteurs", justifie Olivier Lapierre, président de Symétrie.
De nouveaux moyens financiers pour l’export
En outre, Symétrie est entrée, en mars 2025, dans le giron de Capital Export (350 M€ sous gestion). L’appui du fonds lyonnais lui permettra d’accélérer sa croissance à l’international, où elle réalise déjà 75 % de son activité. La Chine et les États-Unis représentent à eux seuls 35 % de son portefeuille clients, mais Symétrie affiche désormais de solides perspectives en Europe du Nord : elle vient d’être référencée par des groupes comme le néerlandais ASML et les allemands Zeiss et OHB pour ses machines compatibles avec les salles blanches. "Après des preuves de concept concluantes, la nouvelle usine nous donne les moyens de passer à l’échelle industrielle pour ces produits", rajoute Olivier Lapierre.
La part croissante de la standardisation
L’usine permet aussi à la PME gardoise de s’équiper d’un showroom pour former ses distributeurs et présenter sa gamme d’hexapodes. Si l’entreprise continue à fabriquer des machines selon des cahiers des charges spécifiques, elle développe de plus en plus de systèmes standards (10 machines dans son catalogue à ce jour). "La progression générale de Symétrie est de plus en plus liée à ses produits standards, qui sont passés de 25 à 65 % de nos ventes en trois ans", estime le dirigeant.
Ce dernier rajoute que Symétrie, qui a fait progresser son chiffre d’affaires de 8 à 11 millions d’euros en trois ans, se situe sur une trajectoire à 17 millions d’euros d’ici trois à cinq ans. Pour nourrir cette croissance, elle a fléché une partie de son investissement vers un plan de recrutements : à raison de 5 embauches annuelles, elle prévoit d’atteindre le cap des 70 salariés dans son nouveau site, à terme.