La pharmacie du CHU de Poitiers ? Syleps. Le Leclerc drive d'Atlantis à Saint-Herbalin, Syleps. Les stocks automatiques de l'équipementier grenoblois ARaymond (5,000 salariés) - et dont presque tous les constructeurs automobiles mondiaux sont clients ? Toujours Syleps. Et encore, ces réalisations ne sont-elles que des diversifications du coeur du marché de l'intralogisticien qui reste l'IAA et les plateformes de la Grande distribution. Entreprise familiale stratégique en pays de Lorient, Syleps a acquis au fil des décennies une expertise tant sur la conception industrielle des infrastructures et des automatismes que sur les solutions informatiques. Depuis 3 ans, l'entreprise a renoué avec une croissance « à deux chiffres », indique sobrement Xavier Duquesne : « Nous maîtrisons toute la chaîne et sommes les plus performants sur les besoins complexes des industriels », observe le directeur général de l'entreprise lorientaise, fondée il y a plus de 40 ans (le directoire est également composé de Sylvain Henrio, président, et de Thierry Le Chêne, directeur commercial).
Des convoyeurs à la robotique
Deux cents salariés travaillent sur les sites lorientais et ploemeurois, vingt au sein du site bordelais (robotique). De la conception de convoyeurs, Syleps a évolué vers la conception de chaînes intralogistiques complexes capables de dépalletiser et de repalletiser pièce par pièce en calculant l'optimisation de l'espace tant au niveau des racks qu'au niveau de la composition des palettes reconditionnées. Les unités sont conçues pour traiter 500 palettes/jour ou 30.000 colis/jour dans un ordre extrêmement précis. Cas extrême, Syleps a réalisé des chaînes tournant à 250.000 produits/jour pour un fabricant de pizzas et de pates dans l'industrie agroalimentaire.
Automatismes en IAA : un degré de précision inégalé
Les process informatiques permettent aussi d'intégrer des variables comme la valeur du stock qui, dans l'IAA par exemple, change au fil du temps. « Cette complexité nous va bien. Prenons l'exemple de la viande de boeuf : ses qualités sont optimales à 28 jours. Nos logiciels permettent ainsi de tenir compte de la variabilité des prix. Il n'y a pas d'autre domaine où l'on retrouve ce niveau de précision et d'automatisme. Nous sommes quatre-cinq entreprises dans le monde à savoir faire ça », insiste Xavier Duquesne.
Effets surarmortissement et compte pénibilité
Outre un autre acteur français, la concurrence est essentiellement anglo-saxonne (Allemagne, Pays-Bas, Scandinavie). Pour autant, le marché de Syleps demeure plutôt hexagonal, du fait du fort ancrage agroalimentaire et d'une forte fidélisation : « Nos clients nous suivent, ils sont assurés de ne pas avoir de mauvaises surprises. Nous nous plions en quatre jusqu'au bout », assure le directeur général qui explique également ce tropisme national par les effets des politiques gouvernementales : « Notre croissance à deux chiffres doit notamment aux mesures Macron sur le suramortissement, mais aussi aux contraintes liées à la pénibilité. »
Diversification des marchés et surtout des segments
Certaines entreprises revoient l'organisation du travail en augmentant de facto l'automatisation des tâches pénibles.
Bureaux en Espagne, Italie et en Chine
Se développer à l'international n'est pas pour autant délaissé : Syleps a ouvert des bureaux technico-commerciaux en Italie, en Espagne et en Chine. La diversification passe plutôt à ce jour par une ouverture à d'autres segments, comme l'industrie des semi-conducteurs, les drives, la pharmacie hospitalière, l'automobile ou l'aéronautique. Autant de secteurs d'activité où les attentes sont complexes. « C'est ainsi qu'il y a peu de chances de nous trouver sur la vente internet, par exemple, où la logistique se fait produit par produit, avec un recours à une manutention à la tâche beaucoup plus simple. »
Syleps
(Lorient/Ploemeur) Dirigeants : Sylvain Henrio, président ; Xavier Duquesne, directeur général ; Thierry Le Chêne, directeur commercial. Effectif : 220 salariés. CA : 30 millions d'euros www.syleps.com