Sud Ouest : « Il faut réinventer le modèle »
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Sud Ouest : « Il faut réinventer le modèle »

Après deux années 2011 et 2012 déficitaires, 2013 signe le retour à l'équilibre pour le groupe Sud Ouest avec un résultat d'exploitation consolidé positif à 2,9 M€. Olivier Gerolami, le P-dg de groupe, table sur des recettes numériques en hausse pour 2014.

L
e groupe Sud Ouest vient de présenter ses résultats 2013. Quelle est la situation économique du groupe ? Olivier Gerolami : Après deux exercices déficitaires en 2011 et 2012, nous renouons avec l'équilibre en 2013. L'an dernier, nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 320 millions d'euros et notre résultat d'exploitation consolidé est positif à 2,9 M€. Cela s'explique par le retour à l'équilibre du pôle Midi libre et à la progression de notre chiffre d'affaires sur le digital (+2 M€ en 2013). Nous avons également augmenté les recettes en augmentant notre prix de vente et enfin nous avons mis en place des mesures d'économie dans tout le groupe. Les plans de départs volontaires à Midi Libre (120 personnes) et à Sud Ouest (130 personnes) nous ont permis d'alléger les coûts même si Sud Ouest reste encore déficitaire en 2013 avec un résultat d'exploitation à -1,7 M€.


Quelles sont vos perspectives pour 2014 ?


Elles sont bonnes.

Les effets du plan de restructuration seront visibles en 2014 et il n'y aura plus de foyer de pertes. Nous anticipons une évolution positive des recettes numériques et une amélioration significative du résultat d'exploitation. Nous espérons faire fois deux. Cependant je suis conscient que cet équilibre est fragile.


Depuis mi-décembre, le site sudouest.fr est devenu en partie payant, basculant dans un modèle dit freemium. Quelle est la stratégie du groupe sur le numérique ?


Notre réflexion stratégique est basée sur un constat : la diffusion papier et les recettes publicitaires du print sont en constante diminution

quand nos recettes digitales progressent chaque année - en 2013 elles s'élèvent à 8 M€ sur l'ensemble du groupe-. Mais ces recettes ne compensent pas les pertes du papier. Il nous faut donc réussir à mieux monéti
ser notre audience numérique et à faire payer les internautes réguliers.




Par quels moyens ?


Depuis fin 2013, nous proposons un abonnement numérique à 9,90 euros par mois. D'ici juin, nous lancerons également une édition du soir. Nous savons qu'il y a un pic d'audience sur le site en 2e partie de soirée, sur tablette notamment. Nous proposerons donc aux lecteurs une préfiguration du journal du lendemain avec quelques informations nationales, régionales, sportives et aussi des contenus spécifiques thématiques comme l'économie par exemple. Depuis 3 mois nous avons déjà convaincu 3.000 abonnés numériques. C'est un travail de longue haleine. D'ici à 2 ans nous espérons atteindre les 20.000 abonnés.

Notre objectif est de réussir à atteindre les 15 M€ de CA numérique. L'enjeu pour Sud Ouest et pour la presse écrite en général, est de réussir à se réinventer, à monétiser les contenus web, à transformer un lecteur gratuit en payant.


Comment expliquez-vous cette chute du marché publicitaire sur le papier qui n'est pas compensé par un CA sur le web alors que votre audience est bonne et augmente ?


L'audience augmente sans que le chiffre d'affaires publicitaire numérique progresse car il y a beaucoup d'acteurs sur le web, le marché est fragmenté et les prix chutent. De plus l'annonceur a désormais des attentes différentes il veut un retour sur investissement, un ciblage.




C'est pour répondre à ces nouvelles attentes que vous avez fait évoluer votre offre publicitaire en passant un accord avec Google et en lançant Adexpert ?


Nous devons proposer une offre globale. C'est fini le temps où le commercial vendait un espace publicitaire dans un journal papier et à côté peut-être du web. Actuellement le support papier perd des parts de marché chez l'annonceur. Notre régie doit se transformer en agence plurimédia régionale qui commercialise les espaces du groupe mais aussi les espaces des autres, qui proposent des offres adaptées aux besoins du client. Par exemple nous avons identifié deux cibles que nous touchons peu : le small business (artisans, commerçants) et les TPE/PME.




Où en est le projet d'ouverture du capital ?


Il n'y a pas d'urgence à ouvrir notre capital. Simplement, comme nous n'avons pas de trésor de guerre, nous n'avons pas non plus de capacité d'investissement. Or il serait bien de pouvoir investir pour faire par exemple des acquisitions qui tireraient notre chiffre d'affaires vers le haut comme a pu le faire Le Figaro par exemple.

Ce n'est pas à l'ordre du jour mais une activité d'événementiel pourrait être un levier de promotion pour la marque Sud Ouest qui est forte.


Croyez-vous en l'avenir de la presse quotidienne régionale ?

Arrêtons de faire un procès à la PQR, nous ne sommes pas de vieux croûtons, nous ne sommes pas si mauvais, notamment sur le numérique. Oui nous sommes face à un défi, il faut réinventer le modèle mais je pense qu'il y a une place pour l'information locale de qualité et je pense qu'on peut la faire payer.

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