Le créateur
A 52 ans, Stephan Massonnat est le fondateur de Maison Manival, une boulangerie-pâtisserie-traiteur lounge high tech, créée voici un an, à Grenoble. Schneider Electric l'a choisi pour être maison pilote dans l'utilisation de ses technologies électriques connectées. Son parcours est détonnant : Stephan Massonnat est né à Grenoble, où il a passé un CAP de cuisinier à l'orée des années 1980. Il est entré chez Maxim's à Paris, au restaurant de la Tour Eiffel, et a gagné les USA, où il a travaillé dans de prestigieux hôtels-restaurants 4 et 5 étoiles. Il s'est ensuite reconverti dans le secteur du luxe, travaillant pour Lancôme, L'Oréal et comme maquilleur à Hollywood. En 2014, il a souhaité revenir dans la région, et s'est formé à la boulange à 50 ans. Ses parents étaient boulangers et possédaient plusieurs commerces dans l'agglomération.
Le concept
Grâce au partenariat instauré avec Schneider Electric, l'homme de l'art peut, via son smartphone, surveiller depuis de chez lui son installation électrique, contrôler la température de son laboratoire, de ses chambres froides, mais aussi programmer la mise en route de ses fours de cuisson. « Ces technologies avancées prodiguent plus de sérénité à ces métiers nobles, mais exigeants, lance-t-il. Savoir que l'on peut être alerté en permanence, s'il y a une coupure d'alimentation électrique sur la chambre de pousse ou les chambres froides, et que l'on peut agir avant de perdre la production du lendemain matin, rassure. Et, plutôt que de commencer sa journée de travail à minuit, un artisan boulanger pourra désormais enfourner son pain à 6 heures du matin. » La connexion électrique à distance optimise donc le temps de travail et la consommation énergétique. Les gains ? « Au minimum 10 % et jusqu'à 30 %, avec une très bonne optimisation du fonctionnement des fours, » note Guillaume Pesquet, ingénieur expert chez Schneider Electric, à Grenoble.
Les perspectives
Sur une surface de 100 m², designée par l'architecte stéphanois, Jean-Paul Mounet, Maison Manival est ainsi truffée d'innovations technologiques qui viendront, à terme, révolutionner l'artisanat et l'industrie des métiers de bouche. Pour concrétiser son projet, Stephan Massonnat a mobilisé le concours financier d'investisseurs américains, à hauteur de 750 000 euros. La Banque Populaire des Alpes, à Grenoble, est venue en renfort, injectant 285 000 euros. Au total, 1 million d'euros a été investi dans la réfection et l'aménagement technologique des lieux. Stephan Massonnat lance un prototype à Grenoble, mais a déjà prévu de l'exporter cette fin d'année à Los Angeles, où Schneider Electric prévoit de l'accompagner. Le concept devrait rapidement essaimer et s'ouvrir au monde de la restauration à l'international, et notamment à bord des navires de croisière.