«Pour moi, à 45 ans, je considérais que c'était un beau challenge. Et puis, je travaillais depuis 18 ans comme comptable pour Pronchery. J'étais persuadée qu'il y avait un beau potentiel!». Malgré la crise, c'est avec le sourire que Valérie Dal Gobbo revient sur ce mois de juin2009 où elle a décidé de reprendre l'entreprise de mécanique générale de Renaison, Pronchery, spécialisée dans la petite et moyenne série et placée en liquidation judiciaire. D'abord partie sur l'idée de s'associer avec des salariés, c'est finalement avec un industriel auvergnat, Jean-Luc Rabourg, que l'affaire s'est conclue. Avec à la clé une reprise de tout le personnel et du parc machines. Jean-Luc Rabourg, patron de la holding JSM industrie, détenait déjà l'entreprise Reymond (tôlerie industrielle - mécano soudure) à Mably et Hydra (maintenance industrielle) à Diou dans l'Allier. «Son idée était de créer un pôle mécanique capable de proposer une offre globale», détaille Valérie Dal Gobbo. Un objectif effectivement en cours de réalisation. «L'entreprise Reymond nous passe déjà un certain nombre de commandes», se réjouit la directrice, détentrice de 40% des parts de la PME.
Cap sur la prospection
Après deux mois de tâtonnement, l'activité a pu redémarrer dès le mois de septembre dernier, sur un nouveau site à Pouilly-sous-Charlieu. À peine trois mois plus tard, la nouvelle entité baptisée Steel-Méca vient d'accueillir une nouvelle machine, un centre de tournage fraisage. «L'investissement est conséquent, 330.000€ mais il était indispensable», assure Valérie Dal Gobbo. «Nous avions déjà un centre de tournage fraisage mais il était déjà utilisé à 100% par un gros client. On a souhaité se donner la possibilité de pouvoir faire d'autres pièces afin de ne pas se pénaliser lorsque la croissance sera de retour». Le choix est certes courageux en cette période où la plupart des investissements ont été reportés mais les dirigeants en tirent déjà les premiers fruits. «Nous avons eu de nouvelles commandes qui nous permettent de faire tourner cette machine pendant les 3 mois qui viennent, en 3X8, ce qui nous laisse le temps de prospecter de nouveaux clients». Et c'est la directrice, elle-même, qui n'hésite déjà pas à se salir les mains dans l'atelier pour faire tourner les machines au maximum de leur capacité, qui va s'y coller. «Avec Pronchery, on faisait un chiffre d'affaires mensuel de 100.000€ sans prospecter vraiment. Pour cette première année, on vise 60.000€ de CA par mois. Avec le travail donné par Reymond notamment, on devrait y arriver facilement. Si la crise ne dure pas 3 ans, bien entendu». Valérie Dal Gobbo entend aller dénicher de nouveaux clients partout en France, sauf dans la Loire. «Les relations sous-traitants/donneurs d'ordre sont bien installées. Cela risque d'être difficile de faire sa place ici tout de suite». D'ici fin 2010, Valérie Dal Gobbo espère pouvoir recruter un ou deux salariés supplémentaires et retrouver les 100.000€ mensuels réalisés par Pronchery à sa belle époque.
Steel-Méca, née de la reprise en juin dernier des Établissements Pronchery à Renaison, s'est installée en septembre dernier à Pouilly-sous-Charlieu. Malgré la crise, la TPE a décidé d'investir 330.000€ dans une nouvelle machine. Histoire de ne pas prendre de retard.