Les touts premiers flocons sont tombés sur les sommets isérois le mois dernier. Juste de quoi réveiller les envies d'escapades enneigées. Et suffisamment pour lancer la saison aux Deux-Alpes, l'une des stations les plus hautes du département, qui a ouvert son glacier aux skieurs et snowboarders pour les vacances de la Toussaint. «Le premier week-end d'ouverture, nous avons enregistré une hausse de 4% de la fréquentation par rapport à l'année dernière, se réjouit Didier Bobillier, directeur général adjoint de Deux Alpes loisirs (CA hiver 2010: 33M€), gestionnaire de la station. Ce n'est certes pas prémonitoire de la saison, mais les premières neiges déclenchent les réservations.» Pour attirer la clientèle, la station a investi 4,3M€ cette année, notamment pour augmenter l'enneigement de deux pistes retour station, Les Demoiselles et Le Diable. «Nous avons également révisé deux téléskis sur le glacier, souligne Didier Bobillier. Mais un domaine skiable, ce ne sont pas que les remontées mécaniques. Pour les clients, l'enjeu c'est la descente!» C'est également le parti pris par l'Alpe-d'Huez. Car si 5,5M€HT ont été investis pour remplacer un télésiège par un nouveau six places débrayable, cela ne représente que la moitié des investissements réalisés pour la saison 2011-2012. Près de 3M€ ont notamment été investis pour assurer l'enneigement des parties basses de la station. «La neige de culture permet de faire fonctionner une remontée mécanique du début à la fin de la saison, et donc de garantir les emplois», assure Jean-Christophe Hoff, le nouveau directeur général de la Sata Alpe-d'Huez, qui chapeaute sept stations de l'Oisans.
20% du domaine français équipé en neige de culture
Jean-Christophe Hoff remarque cependant que «la France à un retard sur la neige de culture. Elle n'est équipée que sur 20% de son domaine skiable, quand les autres pays européens comptabilisent 80% de couverture. Un tel objectif n'est pas directement atteignable en France. Les investissements sur la neige de culture se font au coup par coup, pour les retours stations et pour amortir les investissements sur les remontées mécaniques.» «La neige de culture est capable de tenir le produit ski, renchérit Laurent Reynaud, délégué général de Domaines skiables de France, le Syndicat national des téléphériques de France, rassemblant 236 adhérents. Si l'on compare deux stations iséroises, l'une avec et l'autre sans neige de culture: la première lisse les creux et les bosses d'une saison. La neige de culture, qui divise par deux l'exposition à l'aléa climatique, joue un rôle social pour tenir les emplois et garder un domaine skiable ouvert.» L'Isère a «beaucoup souffert sur la saison 2010-2011, avec une baisse globale de la fréquentation de 13%, souligne Laurent Reynaud. On a alors beaucoup parlé du manque de neige en basse altitude sur le Vercors et la Chartreuse. Mais il s'agit peut-être aussi en partie d'une mauvaise communication. Car si Villard-de-Lans a réalisé une très mauvaise saison, Autrans a enregistré une fréquentation en hausse de 20%, réalisant ainsi une de ses meilleures saisons...» La communication, voilà un point sur lequel travaille la station de Saint-Pierre-de-Chartreuse qui culmine à 1.789mètres. Ne bénéficiant pas de neige de culture, elle a dû faire le choix de restreindre l'ouverture de son domaine en dehors des vacances scolaires. Mais elle le martèle sur son site internet: la station sera ouverte tous les jours à partir du 17décembre!
www.ski-alpin-chartreuse .com www.les2alpes.com www.sataski.com www.domaines-skiables.fr
Tourisme. Les stations de ski iséroises ouvrent progressivement leurs domaines depuis la fin octobre. La neige de culture devient un élément différenciant fort et permet d'assurer la vie économique des domaines.