Obtenir un stage en entreprise relève souvent du parcours du combattant. Plus on est jeune, plus il est difficile d'obtenir un stage. «Tout dépend de la durée du stage et du niveau d'étude», explique Isabelle Boutserin, chargée des relations écoles entreprises à l'Union des Entreprises du Morbihan.
Diplômé, le stagiaire est mis à l'épreuve. «Les entreprises préfèrent les stages longs pour donner une vraie mission au stagiaire», reprend-elle. Et surtout pour avoir des étudiants opérationnels, à moindre frais, parmi leur effectif. Un effet de la crise? Certaines entreprises plébiscitent ces stages de fin d'études rémunérés - 417euros par mois - au détriment des stages courts. «Du coup, il devient difficile de trouver un stage pour les premières années de licence», note Sylvie Murzeau, directrice de l'Université Catholique de l'Ouest, à Arradon. La demande, elle, est grandissante. L'ouverture au monde de l'entreprise des licences et master pro entraîne de plus en plus de sollicitations auprès des dirigeants. Ces stagiaires sont leurs collaborateurs de demain.
Transformés en embauche
Chez Gras Savoye, la culture des stages en entreprise n'est pas une expression vaine. «Beaucoup sont transformés en embauches», assure Philippe Rouault, le directeur. La proximité du BTS Assurance au lycée Dupuy de Lôme apporte au courtier un véritable vivier de nouvelles compétences. «Quand les stagiaires rentrent dans mon entreprise, je prends la posture d'un recruteur pour identifier mes futurs collaborateurs.» Deux à trois stagiaires sont en permanence dans les bureaux de Gras Savoye. Un fonctionnement auquel tient Philippe Rouault, qui, par ailleurs, peine à décrocher des stages pour ses propres enfants. «Là, je fais marcher mon réseau», confie-t-il.
Réseau familial
Les liens familiaux sont utilisés dans la majeure partie des recherches. Certains stagiaires sont aussi capables de se débrouiller seuls. Comme Cécile Lebrun, qui, à 20 ans, a déjà huit stages à son actif. Étudiante en BTS assistante de gestion PME/PMI, et stagiaire chez Construction MAM à Limerzel, elle a cherché volontairement une entreprise de moins de 150 salariés. «Dans une petite structure, les tâches sont plus variées», souligne-t-elle. Le corollaire du stage restant de chiches indemnités: «C'est à la discrétion du chef d'entreprise. Le maximum que j'ai perçu? 600euros pour un stage de six semaines.»
De stagiaire à manageur...
Recevoir un stagiaire dans ses murs reste très chronophage. Le dirigeant doit déléguer la mission d'organiser et suivre le stage. Certains ont trouvé une méthode qui marche. Le service des ventes du Télégramme dans le Morbihan a conclu un partenariat avec le lycée Benjamin-Franklin d'Auray pour accueillir toute l'année les étudiants de première et deuxième année de BTS négociation et relation client. Un échange qui remonte à dix ans et qui a déjà permis à Thomas Le Garrec d'intégrer l'entreprise. Aujourd'hui, à 27 ans, chargé du développement des ventes, il est devenu manageur de la nouvelle équipe de stagiaires. «Cette expérience motive, c'est du concret», affirme Vincent, étudiant. Avec Fabien, Jonathan et Lauriane, ils savent que cette expérience fera une ligne non négligeable sur leur CV.
ÉCOLE - ENTREPRISE Les entreprises morbihannaises sont de plus en plus sollicitées pour accueillir des stagiaires. Pour les deux, l'enjeu devrait être gagnant-gagnant.