Située près de Vannes, à Grand-Champ, Stacem (175 salariés et 24,2 M€ de CA) se prépare à pousser les murs. Cette PME discrète est l’un des rares fabricants français de joints d’étanchéité pour l’industrie. Parmi ses 2 000 clients, elle compte des géants comme Safran, Naval Group, Thales ou bien encore Liebherr. "Nous travaillons pour les fournisseurs d’Airbus, un marché qui connaît une importante hausse de cadence. Nous avons commencé et nous allons poursuivre cette année des investissements pour accompagner ces clients dans cette croissance. Je ne souhaite pas être en sous-capacité et rater des marchés", avance Lionel Hays, dirigeant de l’entreprise.
Investissements capacitaires et en R & D
Concrètement, cela se traduit par des investissements matériels et immatériels. Sur le volet immatériel, Stacem a développé son service R & D et créé un service innovation. L’entreprise procède actuellement à une extension de près de 500 m². "C'est un investissement capacitaire qui est couplé à l’arrivée de nouvelles machines", détaille le dirigeant de Stacem qui demeure discret sur l’enveloppe d’investissements. L’entreprise est coutumière des agrandissements : "Globalement, nous construisons un bâtiment tous les quatre ans", précise Lionel Hays. L’entreprise compte aujourd’hui quelque 7 000 m² de surfaces couvertes. Outre le site morbihannais, Stacem est aussi présente au Maroc, près de Tanger. Elle y emploie 100 personnes et réalise 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Le chiffre d’affaires de Stacem est généré à 45 % par l’aéronautique et l’aérospatial avec des pièces que l’on retrouve aussi bien dans les trains d’atterrissage que dans des systèmes de freinages comme des réservoirs. Viennent ensuite l’industrie (oil and gaz, chimie, pétrochimie et nucléaire) à hauteur de 28 % puis la Défense pour 15 % et l’agroalimentaire à 12 %. "129 clients génèrent 80 % de notre chiffre d’affaires", dévoile le dirigeant.
Marchés porteurs pour l’aéronautique
L’entreprise a aussi mis l’accent sur son essor à l’export depuis un an. "La partie internationale est relativement modeste pour le moment. Nous sommes passés de 3 à 6 % en deux ans. Nous souhaitons développer l’export. En ce sens, nous participons à des salons internationaux en Europe mais aussi en Inde prochainement."
Dans un contexte économique chahuté, Stacem a une visibilité à trois mois, en moyenne sur son carnet de commandes. "C’est à la fois beaucoup et pas beaucoup pour une entreprise qui emploie 175 personnes", précise Lionel Hays. Toutefois, pour certains clients, notamment ceux portés par l’activité soutenue d’Airbus, la visibilité est plus longue.
Pour tirer son épingle du jeu face à des géants sur le marché des joints en caoutchouc, Stacem met en avant son agilité et sa particularité. La PME morbihannaise a comme spécificité de maîtriser l’ensemble de la chaîne : depuis la conception des formules de ses produits (NDLR : elle compte plus de 800 formules différentes) jusqu’à la découpe des joints en passant par leur moulage. Le tout en proposant du sur-mesure. "Tout cela nous permet de nous différencier. À Grand-Champ, nous faisons de la petite et de la moyenne séries tandis que les grandes séries sont faites sur notre site au Maroc."