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SPPF s’est mis en ordre de marche pour anticiper sa croissance
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SPPF s’est mis en ordre de marche pour anticiper sa croissance

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Filiale du groupe industriel Bouyer-Leroux, la société SPPF, à Cholet, spécialisée dans la production de volets roulants pour blocs-baies, a investi 10 millions d’euros ces dernières années pour réorganiser son outil de production. Elle s’est dotée d’une nouvelle feuille de route pour les années à venir.

Simon Le Goff, directeur du développement de SPPF, Stéphane Jacquet, directeur général, et Roland Besnard, président de Bouyer-Leroux — Photo : Olivier Hamard

SPPF ouvre grand les volets sur l’avenir : En quelques années, l’entreprise choletaise a entièrement réorganisé son outil de production. Avec un investissement de 10 millions d’euros, la filiale du groupe Bouyer-Leroux basé à la Séguinière (Maine-et-Loire), qui fabrique à elle seule environ 25 % du marché français des volets roulants pour blocs-baies, a agrandi son site industriel de 4 400 mètres carrés.

Deux phases de travaux

Les travaux d’agrandissement et de réorganisation du site de SPPF se sont déroulés en deux temps : De janvier 2023 à mars 2024, deux bâtiments de 2 450 mètres carrés au total ont été construits : le premier, de 1 000 mètres carrés et de 22 mètres de haut, accueille un transstockeur permettant de passer de 600 à près de 1 000 les emplacements de stockage dédiés aux profilés aluminium, et le second est un atelier de débit de 1 400 mètres carrés.

SPPF s’est équipé d’un transtockeur de 996 emplacements pour optimiser le stockage de ses profilés aluminium — Photo : Olivier Hamard

Ces travaux achevés, une seconde phase a consisté, d’avril à novembre 2024, en l’extension du bâtiment d’assemblage et d’expéditions. 2 000 mètres carrés pour offrir à l’entreprise 7 lignes de production et une zone d’expédition plus fonctionnelle, passé de 2 à 7 quais de chargement.

30 % de capacités de production en plus

"Le dernier investissement conséquent de l’entreprise remontait à 2004, souligne Stéphane Jacquet, directeur général de SPPF. Depuis 2017, il nous avait fallu louer à proximité plusieurs bâtiments de production, de stockage et de logistique pour accompagner notre croissance. Nous avons donc fait le choix de construire sur place en faisant l’acquisition de quelques parcelles encore disponibles et nous disposons même d’une réserve foncière. Mais déjà, l’outil actuel va nous permettre d’effectuer de la croissance."

Avec ces travaux, l’entreprise choletaise de 180 collaborateurs, a en effet augmenté ses capacités de production de 30 %.

SPPF emploie actuellement environ 180 collaborateurs — Photo : Olivier Hamard

Elle conserve néanmoins un petit bâtiment voisin en location, qui lui servira de lieu de développement et d’essais de produits. Une activité qui va aller croissant, l’entreprise étant pour Bouyer-Leroux le centre névralgique de son pôle Ouest des fermetures pour l’habitat, qui regroupe, outre SPPF, 7 sociétés du groupe qui travaillent dans ce secteur : FLO (Fermetures Loire Océan) à Vezins (Maine-et-Loire), Groupe Maine à Ambrières-les-Vallées (Mayenne), Cedmat à Cholet, Si Tech à Fréjus (Var) et PSO, Verso et Sodicob en Haute-Garonne.

Un choix vertueux

SPPF avait lancé la réflexion de réhabilitation de son site dès 2016 et aurait pu envisager également la construction ailleurs d’une nouvelle unité de production. "Nous avons pris la décision de rester, appuie Roland Besnard, président du groupe Bouyer-Leroux (2 000 collaborateurs, 500 M€ de CA), pour être plus vertueux sans nous installer sur un site vierge, ce qui entre dans la stratégie de développement durable du groupe. Mais également pour des raisons économiques et sociales : un projet neuf aurait coûté près de trois fois plus cher et les collaborateurs n’ont pas de nouvelles contraintes de mobilité."

Le projet de restructuration du site de SPPF, outre l’augmentation des capacités de production, a également été pensé pour améliorer la sécurité et les conditions de travail des collaborateurs, optimiser la gestion des stocks et augmenter la capacité de réception des matières et d’expédition des produits.

Croissance régulière

Dans un secteur du bâtiment chahuté, SPPF a atteint 52 millions d’euros de chiffre d’affaires à la clôture de son dernier exercice au 30 septembre 2024. Un repli de 14 % par rapport à l’exercice précédent qui pour autant n’inquiète pas outre mesure. " Cette année, nous serons autour de 50 millions d’euros, envisage Stéphane Jacquet, et nous prenons du recul en analysant les chiffres sur des périodes plus longues. Le marché de la construction neuf a baissé de 45 % en deux ans et celui de la rénovation de 10 à 15 %. Mais le besoin sous-jacent est toujours là, le secteur du bâtiment va repartir et nous nous sommes donné les capacités industrielles d’y répondre. Nous allons élaborer notre plan stratégique avec des objectifs chiffrés dans les prochains mois."

Née en 1947 et reprise par le groupe Bouyer-Leroux en 1996, l’entreprise choletaise comptait alors 19 salariés pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros. En 2019, elle avait atteint 44 millions d’euros et SPPF connaît une croissance régulière, reprenant sa marche en avant après chaque période tumultueuse qui affecte le secteur du bâtiment, comme en 2008.

5 axes stratégiques

Actuellement, les produits fabriqués par SPPF sont destinés pour environ 60 % à la rénovation et pour 40 % à la construction neuve. L’entreprise fabrique et assemble des volets finis et fournit également des volets en kit pour des menuisiers fabricants.

L’entreprise fabrique environ un quart des 25 % des volets roulants pour blocs-baies produits en France — Photo : Olivier Hamard

Elle travaille pour tous les grands acteurs du secteur, installés pour beaucoup dans le grand Ouest. Avec son investissement, la société choletaise s’est dotée d’une nouvelle feuille de route avec une stratégie reposant sur 5 axes : l’enrichissement de son offre de volets pour blocs-baies en développant l’innovation, comme avec des produits proposant des lames micro-perforées, la poursuite de sa croissance dans le domaine des volets roulants (hors blocs-baies), l’évolution de son offre en produits permettant la protection solaire, le développement du centre de production des produits en lancement pour l’ensemble du pôle ouest du groupe, et l’engagement pour le développement durable.

"Nous travaillons beaucoup sur la maîtrise des matières premières, indique Stéphane Jacquet, en recyclant l’intégralité de nos chutes de PVC et en intégrant dans nos filières de production une part de matière issue de la filière du recyclage des menuiseries dans nos fabrications. "

L’entreprise a également diminué la consommation de ses lignes d’extrusion et a réalisé en 2024 son premier bilan carbone. En juillet prochain, elle éditera sa première fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) pour son principal produit, le Thermobloc, et prévoit d’en éditer pour d’autres de ses productions.

Un engagement qui s’inscrit pleinement dans la politique environnementale du groupe Bouyer-Leroux, qui a engagé un plan d’investissement de 76 millions d’euros pour réduire son empreinte carbone. Il s’est fixé pour objectif d’atteindre 90 % de décarbonation de ses activités en 2027.

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