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omment se partage le nouvel actionnariat de Spherea ? Si Airbus Group reste actionnaire à hauteur de 33,48 %, les nouveaux investisseurs se partagent le reste des parts : ACE Management prend 43,04 %, l'Irdi prend 14,35 %, le fonds la Financière de Brienne 6,70 %. Nous sommes aussi cinq managers de la société à détenir 2,44 %, preuve que nous y croyons.
Quelle est la stratégie de cette société que vous avez rebaptisée Spherea Test & Services ?
Nous avons besoin d'investissements et d'agilité. Cela nous est rendu possible par cette cession par Airbus Group, qui d'une part ne voulait pas investir dans cette filiale qui n'était pas considérée comme faisant partie de son coeur de métier, et qui d'autre part ne nous apportait pas l'agilité nécessaire... Aujourd'hui, nos investisseurs sont prêts à suivre notre stratégie qui est d'élargir notre offre. Outre les bancs d'essais que nous développons pour nos clients aéronautiques et industriels, nous voulons continuer à concevoir des nouveaux produits électroniques. Des premiers projets ont été lancés, avec un investissement en matière de R&D.
Une stratégie portée donc par l'investissement dans l'innovation ?
Mais aussi par la croissance externe, deuxième pilier. Nous sommes en train de cibler des sociétés en France et à l'international, qui ont de beaux produits mais qui ont du mal à aller à l'export, et qui nous permettraient de compléter nos produits et nos services. En 2015, nous espérons au moins une acquisition. Nous ciblons un chiffre d'affaires de 150 à 200 millions d'euros en 2018, quand les programmes aéronautiques auront redémarré.
Quelle est votre position sur l'export ?
C'est notre fer de lance : nous réalisons près de 60 % de notre chiffre d'affaires à l'export. Notre base clients est très large et mondiale : 70 compagnies aériennes, des grands systémiers (Airbus, Nexter, Boeing...), des équipementiers (Safran, Honeywell...). Aujourd'hui, nous ciblons l'Inde, le Brésil et la Chine.
Quel a été le réel impact de votre cession par Airbus Group ?
Il n'y a pas de changement sur le business, on va même gagner en agilité. Nous ne réalisions que 15 % de notre chiffre d'affaires chez Airbus, et en plus nous étions en compétition. Les salariés ont pu connaître certaines peurs ; mais les commandes repartent, ils peuvent ressentir cette dynamique. Il n'y a pas eu de perte d'emplois, nous recrutons même sur des postes pointus en électronique. La pérennité sur les locaux et l'emploi est assurée sur les deux à trois prochaines années. Nous avons par exemple été sélectionnés pour équiper en moyens de tests la nouvelle chaîne d'assemblage final d'Airbus à Mobile, aux Etats-Unis. Nous avons commencé les livraisons.
Spherea Test & Services
(Colomiers) P-dg : Christian Dabasse 500 salariés dont 220 à Toulouse Une filiale de 70 personnes à Castres : Get Electronique (7M ? d
e CA) CA 2013 : 102 millions d'euros www.spherea.com