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Spécialisée dans le recyclage d’électrodes, la start-up Anodine finalise une levée de fonds participative
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Spécialisée dans le recyclage d’électrodes, la start-up Anodine finalise une levée de fonds participative

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La pépite grenobloise, qui fabrique et recycle des électrodes à base de matériaux critiques, destinées au traitement de l’eau, a réuni 850 000 euros de financement participatif, qu’elle devrait compléter par des prêts et subventions. Avec cette opération, Anodine espère finaliser son outil de production et répondre à la demande de ses premiers clients.

Anodine vient de boucler une levée de fonds participative de 850 000 euros pour l’aider notamment à recruter des équipes commerciales — Photo : Anodine

La start-up grenobloise Anodine (7 collaborateurs ; 30 000 € de CA en 2025), qui recycle et fabrique des électrodes, vient de clôturer une levée de fonds participative sur la plateforme Sowefund. La jeune pousse, issue de l’Université Grenoble Alpes et accompagnée par la SATT Linksium, a atteint son objectif de lever 850 000 euros en equity, qu’elle devrait compléter par du financement non dilutif (prêts, subventions, partenariats) afin de réunir autour de 2,5 millions d’euros. Cette opération va lui permettre de finaliser son outil de production, recruter des équipes commerciales et répondre à la forte demande de ses premiers clients.

90 % des électrodes sont jetées tous les ans

"Le marché des électrodes, composantes essentielles pour le traitement de l’eau et la production d’hydrogène est contrôlé par un duopole américain et italien qui impose ses prix, ses conditions de marché et son mode de consommation. Par ailleurs, 90 % des électrodes, produites à partir de matériaux critiques, les platinoïdes, principalement issus de minerais d’Afrique du Sud, finissent chaque année à la poubelle alors qu’elles contiennent encore toute la valeur pour pouvoir fonctionner", explique Damien Mouchel Dit Leguerrier, directeur général et cofondateur d’Anodine en 2024.

C’est pour relocaliser cette filière stratégique et éviter l’immense gaspi de ce marché que la start-up a mis au point une solution pour recycler les électrodes "afin de transformer un déchet coûteux en ressources stratégique", poursuit le dirigeant. Protégée par trois brevets, la technologie développée par la start-up permet de proposer des électrodes rechargées ayant la même performance qu’une électrode neuve, et de réaliser une économie de 20 % pour les clients. "Nous permettons aussi à nos clients de réduire leur dépendance aux importations", poursuit Damien Mouchel Dit Leguerrier.

Neuf premiers clients en 2025

Anodine a signé l’an dernier avec ses neuf premiers clients, issus de quatre pays différents, lui permettant de réaliser 30 000 euros de chiffres d’affaires. "Nous devrions atteindre le demi-million d’euros cette année avec une montée en production pour nos clients. Nous visons les 6 millions en 2028", poursuit le dirigeant. Car le marché mondial des électrodes est immense, représentant 500 millions d’euros annuels "rien que sur la partie traitement des eaux". Les clients d’Anodine sont d’ailleurs issus de trois secteurs d’activité différents, le traitement des eaux de piscine, le traitement des eaux d’élevage et celui des PFAS.

Automatisation de la production à horizon 2027

À ce jour, les électrodes sont produites au sein des locaux grenoblois de la start-up, avec un objectif de passage à l’échelle industrielle début 2027. "Nous allons développer une machine spéciale pour automatiser la production, qui devrait entrer en fonction au début de l’an prochain", poursuit le dirigeant. "Nous souhaitons libérer l’Europe de sa dépendance technologique sur le marché des électrodes et créer une économie circulaire dans ce secteur stratégique", conclut le dirigeant.

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