Sotip : La PME de Labège vise l'excellence dans la tôlerie fine

Sotip : La PME de Labège vise l'excellence dans la tôlerie fine

Pour conserver un temps d'avance sur la concurrence et diversifier son activité, le groupe Sotip, spécialisé dans la tôlerie fine de précision, a fait le choix de doubler de taille en faisant l'acquisition d'une société à Tarbes. L'objectif: + 25% de croissance d'ici à trois ans.

La Sotip, c'est d'abord une histoire de famille. À l'origine, un homme, Joseph Camerin fondateur d'une entreprise éponyme en 1972 spécialisée dans la mécanique. Pour satisfaire les demandes de donneurs d'ordres, il décide, en 1988, d'en créer une seconde, la Sotip, spécialisée dans la tôlerie fine de précision. Les deux entreprises ne coexisteront qu'un an puisque dès l'année suivante, il décide de vendre la SA Camerin pour se consacrer exclusivement à la Sotip. Pour se développer, Joseph peut s'appuyer sur ses deux fils Thierry, l'aîné qui intègre l'entreprise familiale en 1993 après des études techniques, et son frère Frédéric, qui le rejoint en 2000, après des études supérieures en action commerciale et gestion d'entreprise. La transmission est en marche. En 2002, Thierry prend la présidence du groupe et Frédéric la direction du site de production qu'ils viennent de créer en Tunisie. Un développement à l'international nécessaire. «À Labège, il s'agit du site d'excellence qui doit être porteur de nouvelles technologies, précise Thierry Camerin. L'usine en Tunisie apporte de la rentabilité et de la flexibilité. Cette combinaison donne un équilibre au groupe indispensable à son développement.»




Merci l'aéronautique

Cet équilibre garantit une croissance régulière de l'ordre de 10 à 15% par an jusqu'en 2008 et l'arrivée de la crise. Même si l'entreprise n'est pas épargnée, elle résiste mieux que d'autres, l'aéronautique ayant été moins touchée. 70% de l'activité de la Sotip se concentre en effet sur ce secteur, 40% pour Airbus et 30% en direction des équipementiers. Boîtiers, calculateurs de vol, armoires de puissance, planches de bord, la gamme des produits fabriqués est large. Les 30% restant concernent le secteur médical, l'informatique, l'automobile, le ferroviaire ou le secteur pétrolier. La «crise», Thierry Camerin l'a appréhendée de manière pragmatique en misant sur l'investissement afin d'adapter son entreprise aux nouvelles méthodes. Son objectif? Ga- gner en productivité et réactivité pour satisfaire au mieux les donneurs d'ordres. Principalement dans l'aéronautique où la rigueur et l'excellence sont primordiales: «Bien que le marché soit bon, il est très exigeant en prix et en performance industrielle, observe-t-il. Notre souhait est de développer notre activité vers d'autres secteurs et équilibrer nos dépendances clients. Mais allier le développement sur des nouveaux programmes aéronautiques ainsi que sur d'autres secteurs reste difficile et risqué.» La réflexion de Thierry Camerin s'est également portée sur la «taille» de son entreprise. «Les politiques achats des donneurs d'ordres tendant à réduire le nombre de leurs fournisseurs, il nous est apparu nécessaire de «doubler» notre dimension». C'est en pariant sur la croissance externe qu'il compte y parvenir et jette son dévolu sur une société d'intégration câblage, bureau d'études basée à Tarbes. Une acquisition déterminante: «Le but est de proposer un service différent et de remonter sur la valeur ajoutée du produit, justifie le président. Cette société dispose de compétences, particulièrement en géophysique, très complémentaires des nôtres. Elle devrait nous permettre de nous démarquer de la concurrence. Nous allons vers l'excellence industrielle.» La Sotip compte ainsi poursuivre sa diversification. Dans le détail, elle fonde beaucoup d'espoir sur le secteur ferroviaire mais aussi nautique.




20 à 25% de croissance d'ici à trois ans

De 120 salariés aujourd'hui, l'entreprise devrait, en fin d'année, approcher les 200 par sa croissance externe et atteindre 16M€ de CA. Après quelques années d'investissement, le retour de la croissance est imminent: «Nous devrions récolter les fruits de nos efforts, augure-t-il. Nous visons une croissance autour de 20 à 25% sur les trois prochaines années. Sotip pour sa part prévoit 11millions d'euros de CA à horizon 2012.» Une autre piste de développement réside dans les nouveaux marchés à conquérir à l'étranger: «Il faut aller au-delà de nos frontières pour être innovant, se créer de nouvelles opportunités, et trouver des complémentarités avec de nouveaux partenaires», assure Thierry Camerin qui sillonne le monde, de la Chine au Canada pour l'avenir de son entreprise.

Sotip



(Labège) Dirigeant: Thierry Camerin 70 salariés à Labège, 50 en Tunisie CA 2010: 9millions d'euros 05 61 00 19 90