Déterminer l'attractivité d'une région - qu'elle soit naturelle ou impulsée - voilà un exercice compliqué car il s'appuie sur des données subjectives. En lançant avec l'institut TMO Régions un sondage* auprès de nos lecteurs, nous avons tenté de mesurer cette attractivité aux yeux des cadres et dirigeants. Premier enseignement: la place à part de l'Ile-de-France. Si on demande aux chefs d'entreprise et cadres quelles sont pour eux les trois régions françaises les plus dynamiques, celle-ci écrase ainsi littéralement les autres. «Si on prend leur première réponse, l'Ile-de-France obtient 59%, alors que le deuxième - Rhône-Alpes - n'arrive qu'à 15% et les autres régions sont insignifiantes», relève Jacques Bonneau, directeur associé de TMO Régions. En revanche si on analyse le cumul de leurs trois réponses, les résultats sont plus serrés. L'Ile-de-France est ainsi toujours en tête (76%), mais elle est talonnée par Rhône-Alpes (73%), suivie de PACA (35%). «On note ici une corrélation avec la taille de la région, poursuit Jacques Bonneau. Plus la région est peuplée, plus elle est perçue comme dynamique.»
Dynamique ne veut pas dire attractif
Pour autant, dynamisme ne veut pas dire attractivité. Car si on demande aux mêmes personnes quelles sont les régions où elles aimeraient s'installer professionnellement, les résultats sont tout autres. Rhône-Alpes arrive alors en tête (35%), suivie de PACA (33%) et Languedoc-Roussillon (28%). L'Ile-de-France n'arrivant qu'à la sixième place avec 24%. À l'inverse, si on leur demande dans quelles régions ils n'aimeraient surtout pas s'installer, c'est l'Ile-de-France qui arrive en tête (35%), suivie de Nord-Pas de Calais (34%) et Centre (22%). «On le voit, l'Ile-de-France est à la fois en rejet et en attirance», souligne Jacques Bonneau. Preuve que la région présente aux yeux des dirigeants et cadres autant de qualités que de défauts. Finalement, «la grande gagnante est Rhône-Alpes, poursuit le sondeur. Elle suscite beaucoup d'attirance et peu de rejets». Dans la même veine, Aquitaine et Midi-Pyrénées tirent leur épingle du jeu (voir graphique ci-dessus).
La place à part du Nord
Lanterne rouge, le Nord-Pas de Calais «suscite très peu d'attirance et un fort rejet.» Ce qui peut paraître étonnant pour une région où les acteurs se mobilisent fortement pour l'économie. «Mais c'est le fruit de très grosses difficultés dans les années 80». Difficultés que la région paie encore aujourd'hui en terme d'image. Car c'est un autre enseignement à tirer de cette enquête: la place de la com'. Même si ce sondage est tourné vers les dirigeants et cadres, ce sont bien des critères subjectifs, purement d'image, qui guident leurs réponses. «D'où l'intérêt des collectivités à avoir une communication forte, en conclut Jacques Bonneau. L'image joue à plein pour expliquer l'envie de s'installer dans une région. Et elle est difficile à faire évoluer. Il faut donc communiquer beaucoup pour avoir un impact.»
Selon notre sondage Le journal des entreprises/TMO Régions, Rhône-Alpes arrive en tête des territoires les plus attractifs aux yeux des cadres et dirigeants. Devant Aquitaine et Midi-Pyrénées, qui tirent leur épingle du jeu.