Le groupe de moulinage et de texturation des fils a «connu une chute vertigineuse jusqu'à 2008», reconnaît son P-dg, Henri de France. Né en 2001 du rapprochement de deux entreprises centenaires spécialisées dans le travail de la soie, Sofila a subi de plein fouet la crise du textile depuis la fin des accords multifibres de l'OMC, en 2001. Il a ainsi dû procéder à de nombreuses restructurations, dont la dernière cet été, avec la fermeture de l'une de ses plus anciennes usines, à Loriol, dans la Drôme, qui s'est soldée par 55 licenciements. Le groupe a ainsi fondu de 354 personnes sur huit usines à 80 sur trois établissements en huit ans. «On redémarre: nous avons effectué un redimensionnement qui nous permet d'être prêts pour la suite», analyse Henri de France. Sofila est actif sur trois domaines. L'habillement, qui représente encore 50% de l'activité mais a perdu en volume 30 M€ depuis 2001. Le fil pour la corseterie, pour lequel l'entreprise est leader mondial et exporte 80% de sa fabrication. Enfin le médical, en particulier avec des fils pour les bas de contention. Depuis 2007, Sofila a pris un virage: «Nous sommes passés d'une valorisation matérielle à une valorisation immatérielle de notre activité.» Cette stratégie s'appuie sur le développement de marques.
Enrichisseur de fil
La société, membre du pôle de compétitivité Techtera, a ainsi mis au point le BeCool, une matière qui favorise la respirabilité. «Elle se vend très bien à des groupes de vêtements de sport tels que Nike, mais ils ne communiquent pas sous ce nom», précise le dirigeant. Une société de vêtements dédiée, Jingo, a été créée pour effectuer de la vente en ligne. Le Greenfil, un fil ?techno-nature? a été mis au point grâce à une collaboration avec Arkema, fabricant du Rilsan®. «Ce produit est révolutionnaire, notamment au niveau de l'empreinte carbone.» Pour Sofila, positionnée à la jonction de la chimie et du textile, l'avenir repose sur ce type de collaboration. «Nous sommes un enrichisseur de fil: l'innovation passe par la création de liens très forts entre l'amont et l'aval. La relation BtoB a beaucoup évolué ces dernières années: le client est devenu un relais.Il nous faut donc travailler sur toute la filière pour atteindre les prescripteurs». Déterminé à jouer un rôle dans cette mondialisation qui a mis à mal l'industrie textile en France, Henri de France implique son entreprise dans de nombreux projets ?multicompétences?. Sofila est ainsi partie prenante du projet Pacid Textile, colabellisé par Techtera, dans le domaine de la surveillance électronique du linge en secteur hospitalier. Elle mène aussi deux projets avec des Leds et collabore avec le CEA... «Je crois qu'on s'en sortira par les cerveaux et non par les machines...», conclut son dirigeant.
Le groupe de Saint-Genis-Laval vient de fermer une de ses dernières usines, dans la Drôme. Passé de 350 personnes en 2001 à 80 cet été,Sofila accentue son positionnement sur l'immatériel.