Depuis quelques années, SLTS, acronyme de son nom initial Société Lambertoise de Tôlerie et Serrurerie, envisageait pour se diversifier le développement d’un produit propre. Sous-traitante dans les secteurs du ferroviaire, de l’aéronautique ou encore du médical, l’entreprise de Saint-Lambert-la-Potherie, en périphérie d’Angers, termine actuellement la mise au point de Smart Loop, un automate permettant le réemploi des bouteilles en verre, qu’elle veut mettre sur le marché en 2026.
De Smart-borne à Smart Loop
Initialement, l’idée est venue d’un étudiant tourangeau, Kenny-Marcel Nyamugabo, qui a conçu un prototype de machine intelligente pour collecter et trier les bouteilles plastiques, en vue de les broyer puis de les recycler.
Médaille d’or au concours Lépine, le jeune homme cherchait à adosser sa start-up, alors appelée Smart-borne, à un partenaire industriel. SLTS, au printemps 2025, a racheté la start-up et intégré son créateur à son effectif pour continuer de développer le produit. "Sur la base du prototype que Smart-borne avait imaginé, nous avons opté pour travailler sur le réemploi du verre plutôt que sur le recyclage, indique Bruno Vergne, président de SLTS. On est là sur un marché d’avenir, dans une activité vertueuse qui va être soutenue."
D’autant que le retour de la consigne des bouteilles en verre est désormais expérimenté à grande échelle dans quatre régions depuis juin 2025, en Pays de la Loire, en Normandie, en Bretagne et dans les Hauts-de-France.
Une équipe dédiée de deux personnes
Là où le prototype intelligent créé par Smart-borne assurait le broyage de bouteilles et canettes en plastique pour en recycler la matière, la machine développée par SLTS, sous la marque Smart Loop, permet de collecter les bouteilles en verre pour qu’elles soient ensuite réemployées. La PME lambertoise y dédie une équipe de deux personnes à temps plein, s’appuyant également sur son bureau d’études.
En cours de finition, l’automate est destiné à prendre place principalement dans les grandes surfaces alimentaires ou les commerces. "Notre machine est équipée d’un système d’amortisseur qui empêche la casse des bouteilles en verre, explique Bruno Vergne, et nous y déployons la télémétrie pour mesurer le taux de remplissage. La personne qui y déposera des bouteilles sera créditée du montant de la consigne." Les contenants de la machine de SLTS seront ensuite collectés, triés puis adressés vers des centres de lavage partenaires pour retourner vers des industriels ou metteurs en marché afin d’être réutilisés.
Une phase de test en situation
SLTS veut effectuer une phase de test grandeur nature auprès du grand public au cours du premier semestre 2026. "Nous allons installer notre machine pendant quelques mois dans quatre ou cinq grandes surfaces alimentaires à proximité, avant une fabrication en série, indique Bruno Vergne. Avec notre outil industriel, nous pouvons sans problème en produire jusqu’à 200 par an. Nous allons tout d’abord prospecter dans les quatre régions où est actuellement testée la consigne et nous envisageons ensuite un déploiement national."
La PME, qui imagine même déjà aller encore plus loin, envisage pour sa marque Smart Loop d’autres possibilités de développement. Sur la même base, la machine pourrait être facilement s’adapter au broyage des contenants plastiques ou au recyclage d’autres matières. "Il y aura alors différentes marques, prévoit Bruno Vergne. Nous voulons arriver sur ce marché avec des prix compétitifs et nous serons sur un modèle de leasing. C’est pour nous un complément de business et l’occasion d’adresser un marché plus local."
Avec Smart Loop, SLTS s’éloigne en effet de ses activités initiales, ou pour le moins de ses différents marchés qui vont lui faire atteindre cette année un chiffre d’affaires de près de 14 millions d’euros. La PME créée en 1980 et spécialisée dans la tôlerie fine, l’usinage et la chaudronnerie, emploie actuellement 95 collaborateurs en Maine-et-Loire et dispose aussi d’un site de production d’une quinzaine de personnes à Tanger, au Maroc. "Cet atelier déporté est indispensable pour être compétitif sur certains produits, pour répondre à une demande plus low cost mais aussi pour nos clients qui font du business local", précise Bruno Vergne.
Grands comptes hexagonaux
SLTS travaille à environ 40 % pour l’aéronautique, à 25 % pour le ferroviaire et pour le reste pour le médical ou d’autres secteurs de l’industrie. "Nous adressons depuis plusieurs années de grands donneurs d’ordres, poursuit le dirigeant. Ce sont essentiellement des clients français. Nous réalisons 10 à 15 % de notre activité à l’international, principalement avec des grands comptes hexagonaux, et les clients étrangers, européens pour la plupart, ne représentent que 2 à 3 % de notre chiffre d’affaires."
Avec son bureau d’études intégré et son outil de production, SLTS peut "partir d’une feuille blanche pour répondre à une demande client", indique Bruno Vergne et fabrique des pièces indépendantes ou des produits assemblés. Par exemple, l’entreprise fournit ainsi les sièges en bois et métal du tramway de Nantes, des coffrets électriques pour le secteur aéronautique, des coffres étanches pour les rames de métro, des pantographes pour le TGV ou encore des plafonds de cabine pour des paquebots. Avec son automate entrant dans la boucle du recyclage des bouteilles, la PME lambertoise veut maintenant s’ouvrir un nouveau marché.