« Si nous voulons assurer les 10 % de croissance réclamés par notre actionnaire, il est clair que le marché français ne nous suffit plus. Si nous voulons ne pas reculer, voire progresser, nous devons d'urgence aller explorer de nouvelles voies à l'international. » Evelyne Raynaud, directrice du développement et codirigeante d'a-SIS avec Dominique Testa, est on ne peut plus claire. Malgré un résultat net de près de 8 % en 2012, le chiffre d'affaires n'a progressé que de 5 % l'année dernière. Ce développement, réalisé en France ou à l'étranger avec des clients français, est jugé non suffisant pour assurer la pérennité de l'entreprise et assumer ses investissements d'avenir. La filiale du groupe rennais Legris Industrie (filiale Savoye), spécialisée dans l'édition de solutions software à destination de la supply-chain (7.000 sites équipés par les logiciels a-SIS), doit aujourd'hui obligatoirement aller voir ailleurs. « Nous avons eu la perception d'une année 2012 très difficile en termes de marché. Le marché français est "flat" et de plus en plus concurrentiel. Nous avons donc pris la décision de nous lancer vraiment à l'international, avec un plan de développement très clair et très rapide. » Plusieurs zones à forte croissance ont été identifiées. L'objectif d'a-SIS n'est plus, aujourd'hui, de suivre ses clients français mais bien de prospecter des clients locaux de ces zones à fort potentiel.
Le Maroc et la Russie d'abord
Pour mener à bien ce déploiemen, plusieurs recrutements ont été opérés dont le poste de responsable des alliances à l'international. « Jusqu'à présent, lorsque nous avions des marchés à l'international, nous opérions en direct. Désormais, nous allons travailler avec des prestataires locaux. » Les premières cibles d'a-SIS ont d'ores et déjà été identifiées. Deux filiales devraient ainsi être opérationnelles sous peu en Russie et au Maroc, sous l'étiquette Savoye/a-SIS. Des équipes de cinq personnes pour la Russie et de trois personnes pour le Maroc vont être recrutées pour travailler sur place avec un partenaire local.
Deux nouveaux pays par an
« Si nous avions choisi de partir seul, sans partenaire local, il aurait fallu recruter des équipes de quinze personnes. C'est évidemment trop coûteux. Nous ne pourrions pas réaliser notre déploiement aussi vite que nous le souhaitons », sourit Evelyne Raynaud. Très organisée, la SSII prévoit d'investir deux nouveaux pays par an. Prudente, la directrice du développement préfère néanmoins ne pas s'aventurer à citer ses prochaines cibles. Tout juste saura-t-on que l'Italie, la Pologne, le Benelux et la Polynésie sont surveillés très attentivement. Des partenariats avec des apporteurs d'affaires ont d'ailleurs déjà été signés en Pologne et en Europe du Nord. Pour les États-Unis, a-SIS peut compter sur la filiale Savoye déjà présente sur place depuis l'acquisition de l'entreprise américaine Retrotech.
Investissements
Pour écrire cette nouvelle page de son développement, a-SIS investit lourdement dans les moyens commerciaux. Impossible toutefois d'en connaître le montant, la directrice du développement s'avérant très vigilante sur les informations distillées. « Le budget marketing a été multiplié par deux, notre force commerciale France a été renforcée de quatre personnes. C'est certain, c'est un budget non négligeable. Nous l'avons établi jusqu'en 2015. Ensuite, nous devrions voir arriver les retombées financières de nos investissements », lâche-t-elle finalement. Dès 2013, le chiffre d'affaires devrait progresser de 10 % par an, jusqu'en 2015. « Le business plan n'est pas encore arrêté au-delà de 2015. Nous pouvons espérer des croissances plus fortes après cette date », conclut Evelyne Raynaud.
A-sis
(Saint-Étienne) Dirigeants : Dominique Testa et Evelyne Raynaud 220 salariés Chiffre d'affaires 2012 : 25 M€ Résultat net : 8 % www.a-sis.fr