«En résumé, suite à l'incendie qui a détruit une grande partie de notre usine en août2008, nous avons perdu 600 tonnes de commandes, mais nous en avons gagné 2.000. Au niveau du personnel, il y a eu seulement quatre licenciements sur 140 salariés. Et nous devrions réaliser 22M€ de chiffre d'affaires en 2009, ce qui représente une progression de 10%. De même, nous avons investi 15M€ pour reconstruire notre usine, et en avons profité pour l'agrandir de 2.800m², ce qui augmente notre capacité de production de 40%. D'un mal, nous avons su faire un bien...» Gilles Benkemoun, directeur commercial de Sibell, a le sourire. Et pour cause, les premières chips sont sorties de l'usine de la société aubagnaise tout début avril. Une petite victoire qui sanctionne plus de six mois de travail acharné, qui auront permis à la fois de reconstruire l'unité de production et de repenser la politique industrielle de la société. «Durant toute cette période, nous avons sous-traité notre production en Italie pour la marque Sibell, et en Bretagne pour les marques de distributeurs, explique Gilles Benkemoun. Nous avons eu la chance de conserver la grande majorité de nos clients, et de remporter de nouveaux marchés, notamment celui d'Autogrill...»
Course au développement
Ainsi, au gré des obstacles franchis depuis sa reprise par Delichips en 2002, Sibell a vu ses effectifs et son chiffre d'affaires progresser en sept ans de plus de 300%. «C'est mon père, Charles Benkemoun, qui est à l'origine de ce succès actuel, explique Gilles Benkemoun, directeur commercial de Sibell. Il a fondé la société Delichips à La Ciotat en 1987. Nous étions alors des concurrents de Sibell, qui profitait d'une notoriété plus importante que nous en Paca». En 2001, l'entreprise doit affronter une première épreuve. Un premier incendie qui ravage son usine. «Nous avons été obligés de stopper notre production, se souvient Gilles Benkemoun. Et plutôt que de reconstruire sur place, nous avons décidé de nous installer à Aubagne, sur le site des Paluds. Et dans le même temps, en 2002, nous avons rebondi en rachetant Sibell, son portefeuille clients et son image de marque...» Dès lors, la société s'est lancée dans une course effrénée au développement. «Nous avons grossi très vite, confirme Gilles Benkemoun. De petits artisans, nous sommes devenus industriels. Et cela en partie parce que nous avons repris les parts de marchés auparavant détenues par Sibell. Mais aussi parce que nous avons toujours tenu à investir dans de nouvelles unités de production. Et c'est ce qui fait la différence, notamment au moment des audits menés par les professionnels de la grande distribution. En innovant, nous gagnons en crédibilité...»
30% en marque propre
Car Sibell travaille aujourd'hui à 70% à façon pour des marques de distributeurs. Les 30% restants concernent sa marque en propre, commercialisée au niveau national par Casino et ED, mais aussi par le biais de la restauration hors foyer, et, depuis peu, de la distribution automatique. «Il y a de la place sur ce secteur, estime Gilles Benkemoun. Nous avons donc développé cinq gammes de chips aromatisées. Ce marché est également un excellent support de communication pour nos produits. De même, nous venons de décrocher un référencement du groupement C10, pour un concept de présentoir-comptoir destiné aux bars et aux brasseries». Ainsi, aujourd'hui, la société souhaite valoriser sa production en marque propre, en s'appuyant sur un développement modeste à l'international. «L'export ne représente actuellement que 3% de nos produits Sibell, confie Gilles Benkemoun. Nous travaillons avec le Mexique, l'Afrique noire, l'Italie, la Belgique, le Royaume-Uni et l'Espagne, ainsi qu'Israël pour les chips casher... Nous souhaitons désormais rentrer au Canada, sur le marché de la chips bleue».
Ravagée par un incendie en août2008, l'usine du fabricant de chips aubagnais Sibell fonctionne à nouveau depuis début avril, après un investissement de 15M€. Zoom sur cette société familiale, qui a su faire de son handicap un atout, en remportant de nouveaux contrats et en augmentant sa capacité de production de 40%.