Les créateurs
Deux Malouins amoureux de la mer ont forcément des choses à se dire. Le premier, Alexis Rochette, 44 ans, est marin sur son temps libre et entrepreneur du web sur son temps de travail. Ancien associé d’un éditeur de logiciels juridiques parisien revendu en 2024, il a pu investir dans un nouveau projet, cette fois-ci dans sa région d’origine. Il endosse le rôle de PDG. Le second, Ronan Gaillard, 32 ans, est bénévole à la SNCM, et ingénieur de solutions de son métier. Lui aussi a un parcours entrepreneurial abouti. Diplômé de CentraleSupélec, il a co-fondé la scale-up parisienne spécialisée en IA Illuin Technology et dirigé des projets d’envergure pour des grands comptes comme DPD et Randstad. Les deux Bretons se sont rencontrés via le réseau LinkedIn. Ronan Gaillard a tapé dans la main d’Alexis Rochette pour devenir son associé et le directeur technique de Share Heritage. À ce titre, il est le responsable qualité de la plateforme.
Le projet
Share Heritage (6 collaborateurs) est né en janvier 2025. La jeune pousse est hébergée par Le Poool à Saint-Malo. La petite équipe avance sur un projet entrepreneurial dont l’intention est de "remettre de la bienveillance autour d’un patrimoine commun" (résidences principales et secondaires, actifs familiaux, indivision…), présente Alexis Rochette. Ainsi, plusieurs outils ressources sont mis à la disposition des utilisateurs pour gérer le quotidien d’une maison et ses événements clés (travaux, paiement de la taxe foncière, planning partagé…). Objectif : mettre fin aux conflits familiaux ou à la négligence patrimoniale.
Le modèle économique de Share Heritage repose sur l’abonnement. Si l’accès à la plateforme est gratuit pour une colocation d’étudiants par exemple, une tarification se met en place dès qu’une maison entre en "gestion" et qu’il convient de dénombrer plusieurs utilisateurs pour sa gestion au quotidien.
Les perspectives
"17 millions de Français sont propriétaires, dont 7 millions de multipropriétaires. 3,5 millions gèrent seuls leur patrimoine, souvent de manière artisanale", souligne le CEO de Share Heritage. C’est pour les aider que la jeune pousse a vu le jour. Alexis Rochette, confronté lui-même à la gestion d’une maison en bord de mer en Bretagne, dans sa famille depuis 200 ans, a transposé un cas particulier en une solution collective. La commercialisation de l’outil de conciergerie de Share Heritage a démarré à la rentrée 2025. Son dirigeant anticipe "3 000 biens en gestion et 300 000 euros de chiffre d’affaires à fin 2026". Il envisage aussi une levée de fonds située entre 500 000 euros et 1 million d’euros, dans quelques mois, "notamment pour financer l’acquisition de clients". Alexis Rochette caresse un rêve : celui de "devenir une sorte de Famileo", cette gazette familiale à succès, elle aussi malouine, dont il partage "les valeurs humaines". Pour se donner les meilleures chances d’y arriver, il a persuadé Armel de Lesquen, cofondateur de Famileo, de suivre les développements de Share Heritage comme administrateur. Une autre aventure humaine et sociale est à l’œuvre.