Pour s’imposer comme le leader français dans la vente d’articles festifs, la PME sétoise SGMB (35 salariés, CA prévisionnel 2026 : 20 M€) a d’abord privilégié les sites web dédiés à ses propres marques : Sparklers Club (articles festifs), Planète Fumigène, La Grande Fête (décorations et accessoires), etc. Ce pari a alors généré près de 5 millions d’euros de ventes récurrentes. Puis, en 2023, elle a créé sa e-boutique sur Amazon, qui lui a permis de doubler cette activité en ligne.
L’appel du pied de Temu
Démarchée en 2024 par Temu France, SGMB a ensuite voulu tester la plateforme chinoise d’e-commerce sur un échantillon de son catalogue (30 produits sur un total de 7 000 références). Satisfaite des résultats, elle a donc lancé ses marques France Effect et Sparklers Club sur Temu en France et en Europe en mai 2025. Un nouveau pari gagnant : en six mois, la PME a réalisé sur Temu la moitié du chiffre d’affaires capté sur Amazon.
Benjamin Marcou, cofondateur de SGMB aux côtés de Gaby Sune, admet qu’il profite d’abord d’une politique commerciale de Temu très agressive vis-à-vis d’Amazon lui-même : le chinois ne prélève qu’une commission de 15 % sur ses ventes, contre 22 % chez l’américain. "Amazon souffre d’une organisation tentaculaire, si bien qu’il est impossible de trouver un interlocuteur au moindre problème. Temu se montre plus flexible, avec un groupe de discussion dédié aux sellers (entreprises vendeuses sur la plateforme, NDLR) sur Whatsapp, où il réagit en moins d’une semaine", souligne-t-il.
Une nécessaire régulation
Devant le procès fait aux plateformes chinoises, soulignant l’absence de conformité des produits aux normes française et européenne, SGMB précise qu’il n’est pas concerné : une part importante de son catalogue est de facto soumise à un encadrement strict. "Nous faisons partie des métiers à produits classifiés. Il est impossible d’acheter directement en Chine des feux d’artifice, des canons à confettis, des fumigènes ou des cierges magiques, car ce sont des articles très régulés par le code des importations. Ils nécessitent entre autres d’avoir une licence de transporteur spécialisé", analyse Benjamin Marcou.
Quant à l’accusation d’affaiblir le made in France, le dirigeant rétorque : "Quelle industrie peut se prévaloir de ne pas fabriquer en Chine ?" Il précise : "Pour les feux d’artifice, nous co-investissons en Chine avec Ardi et Pyragric, les deux leaders français du secteur, qui disposent de leurs propres cabinets de conformité. Pour le reste de notre gamme, nous sommes de loin le plus gros faiseur du secteur festif. Tous nos fournisseurs sont européens : nous co-investissons avec eux en Chine, et nous vérifions les certificats de conformité transmis par chacun d’eux. Nous sommes même fabricants de verres incassables, avec nos propres moules installés chez des industriels verriers".
Réduire la dépendance
L’activité réalisée sur Temu se révèle si profitable que SGMB prévoit d’y déployer, dès le mois de janvier 2026, la totalité de ses 8 marques (contre 2 sur Amazon). Et la PME sétoise confesse regarder de près une autre plateforme chinoise, JD. com, dont l’arrivée en France est attendue pour la fin d’année 2025. "En 2026, le volume de nos ventes sur ces plateformes devrait encore grimper de 20 %. Mais nous développons d’autres canaux de vente de sorte à ne pas être trop dépendants d’elles, comme la création de concept-stores dans certaines métropoles, ou encore le développement d’une force commerciale pour être au plus près de nos clients BtoB", nuance le dirigeant.