Tel le phoenix, Seyes a choisi de poser ses valises dans la Loire au Coteau pour renaître de ses cendres. Créée en 2004 à Paris par deux anciens étudiants de l'école de commerce, la marque de textile bio et éthique avait pourtant fait une entrée remarquée dans l'univers du prêt-à-porter.
Déconvenues industrielles
Lancée en 2005, lors de la deuxième édition du salon Ethical Fashion Show, la première collection de Seyes reçoit le prix du salon, décerné à l'époque par Katharine Hamnett, Max Havelaar, le groupe PPR et Isabelle Quéhé. En 2007, l'entreprise reçoit le prix Élans de Mode, décerné par la Fédération française du prêt-à-porter. Malgré cette reconnaissance, Seyes, spécialisée à l'origine dans les pull-overs, puis les écharpes, bonnets et polos, n'a jamais réellement réussi à trouver son rythme de croisière. «Nous avons connu de nombreuses difficultés avec les fermetures successives de nos ateliers de confection roannais. Pendant quatre ans, nous avons navigué entre succès commercial et déconvenues industrielles. En avril2009, mon associé en a eu marre et a décidé de liquider la société», explique Hervé Guétin, aujourd'hui seul à la barre de Seyes. Non résigné à abandonner son projet d'entreprise éco-citoyenne, Hervé Guétin a décidé, le 1eroctobre dernier, de repartir seul dans l'aventure Seyes, mais avec un nouveau modèle économique à la clef.
Place à la customisation
«À l'origine, Seyes c'était des collections vendues en boutique. J'ai conservé le côté éthique et bio, mais j'ai abandonné la série au profit de la personnalisation», explique Hervé Guétin. Concrètement, Seyes s'est transformée en boutique en ligne et propose aux internautes de réaliser leurs propres produits textile personnalisés. «L'idée, c'est d'être anti fast fashion pour ne plus être tributaire des cycles stylistiques et commerciaux de la mode. On part d'un pull vierge que l'on peut customiser à différents niveaux: col, avant, dos, manches, finitions...», développe le dirigeant. Outre l'aspect «offre alternative» à la dictature de la mode, ce concept répond aussi à une logique financière et industrielle. «Je n'ai pas des milliers de stocks à faire fabriquer, sans savoir si j'arriverais à les écouler, et je touche de l'argent avant de le dépenser», argumente Hervé Guétin, qui a choisi de s'installer sur le bassin roannais pour se rapprocher des ateliers avec lesquels il travaille. «Être sur place me permet de gagner en réactivité, d'assurer un meilleur suivi qualité, mais aussi de trouver plus rapidement des solutions si un atelier s'arrête», justifie-t-il. Présent exclusivement sur le web, Seyes entend toutefois s'appuyer sur son ancien réseau de distribution pour se développer. «L'idée c'est de proposer rapidement aux boutiques des cartes prépayées à offrir, un peu comme des cartes de recharge téléphoniques. L'intérêt, c'est que cela ne consomme pas de m² de linéaire», confie Hervé Guétin, qui parle déjà de «fashion as a service» et de «dématérialisation de l'article textile».
Basée à l'origine à Paris, Seyes vient de débarquer dans la Loire pour prendre un nouveau départ. La marque de textile 100% bio et éthique a abandonné les collections au profit d'un nouveau modèle basé sur la personnalisation des produits.