« Lorsque le 13 juillet dernier, un incendie s'est déclaré au sein de notre usine, sur une de nos machines, il s'est très vite propagé à d'autres bâtiments. Nous avons perdu en quelques heures près de 4.000m² de bâtiment ainsi que de nombreuses machines. Le secteur le plus touché a été celui de la valorisation des cartons et plastiques, ainsi que la ligne de tri des collectes sélectives et celle des déchets industriels. Notre activité de valorisation du bois et des métaux a été en revanche peu impactée par l'incendie. Même si nous avons tous été très choqués par cet incendie, nous avons très vite décidé de ne pas arrêter notre activité.
Servir dans les temps
Nous nous sommes donc organisés pour continuer tant bien que mal à servir nos clients. Nous n'avons jamais stoppé la collecte. Compte tenu des dommages causés à notre outil de production, pour mener à bien la valorisation, nous avons fait le choix de travailler avec des sous traitants. Il nous a fallu quelques jours pour parvenir à réunir un réseau solide. Grâce à cette organisation, nous n'avons eu aucun retard sur les délais promis à nos clients. Même si nous n'avons pas encore les chiffres précis, nous devrions boucler notre exercice annuel au 30 mars sur un chiffre d'affaires d'environ 7 millions d'euros en stabilité par rapport à l'exercice précédent. Bien évidemment, nous aurons cette année des pertes d'exploitation, mais les assurances devraient nous aider à surmonter cela. En parallèle à la mise en place de cette nouvelle organisation, nous avons très vite démonté notre outil de production endommagé et commandé de nouvelles machines. Là encore, tout est allé très vite. En un mois, toutes les machines étaient commandées et en quatre mois le nouveau bâtiment était reconstruit. Nous avons fait le choix d'investir dans un outil de production plus performant et plus économe en énergie. Nous avons décidé d'aller au-delà de la capacité d'investissement permise par l'indemnisation des assurances et de prendre en charge plusieurs dizaines de milliers d'euros d'investissement sur nos fonds propres, bien décidés à relancer plus fortement notre activité
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L'emploi préservé
Nos assurances nous ont bien aidés, mais nos équipes aussi. Même si nos collaborateurs ont été très touchés par cet incendie, même s'ils ont été inquiets vis-à-vis de la pérennité de leur emploi, ils n'ont pas failli. Nous avons pu compter sur eux pour poursuivre les activités qui pouvaient l'être et nous aider à jeter les bases de la reconstruction du futur outil de production. Malheureusement, l'incendie a bien évidemment eu un impact fort sur la charge de travail. De fait, nous avons dû proposer du chômage technique à 10 personnes. Afin de limiter les conséquences sociales, nous avons beaucoup travaillé sur la formation. Nous avons ainsi mis cet événement malheureux à profit pour proposer des formations à nos équipes. Certains ont passé le permis de conduire poids lourds, d'autres se sont formés à de nouvelles techniques de tri, d'autres encore ont pu bénéficier de formations assez complètes pour se perfectionner sur leur métier.
Reconstruction
À ce jour, nous avons pu maintenir l'ensemble des équipes, ce qui est une satisfaction au regard de ce que ce que nous avons subi. Reste désormais à achever ce processus de reconstruction pour pouvoir vraiment tourner la page. Petit à petit, nous remettons les machines en service. Nous lançons également de nouveaux contacts commerciaux. Sans exception, nos clients nous sont restés fidèles. L'entreprise s'est dotée d' un outil de production performant et aux dernières normes, des espaces de travail équipés d'un système automatique de déclenchement d'extinction d'incendie. Tous les ingrédients sont réunis pour que notre entreprise poursuivre son développement. »
Propos recueillis par Françoise Sigot
Son défi. Johanny Serrand, Dg de l'entreprise éponyme implantée à Dortan dans l'Ain, 37 salariés, spécialisée dans le traitement des déchets ménagers et industriels relance son activité après un incendie qui a détruit plus de la moitié de son outil de production.