«Je n'aime pas trop parler de moivous savez» dit, un brin amusé, Serge Marcillaud en s'asseyant à son bureau. Pourtant, il ne faut pas plus de quelques minutes à ce Bergeracois de 53 ans, président de la CGPME Gironde et Aquitaine, pour commencer à parler avec passion de son parcours et de son engagement, depuis trois ans, à la tête de l'organisation patronale girondine. Serge Marcillaud a 25 ans quand il crée avec un ami à Bergerac un ami un institut de formation professionnelle, Epseco, aujourd'hui baptisé Réseau Talis. «J'ai toujours pensé créer ma boîte. C'était ancré en moi. J'aime la liberté que cela procure, n'avoir de comptes à rendre qu'à moi-même, être responsable de mon avenir.» Comptable de formation, c'est le hasard d'une rencontre qui l'a amené dans cette branche. «J'ai appris à connaître ce métier au fil des années et je l'aime toujours autant car c'est un métier d'adhésion où il ne suffit pas de décider seul mais où il faut fédérer, travailler ensemble.»
Un amoureux des relations humaines
Serge Marcillaud se définit comme un homme de dialogue qui n'aime rien tant que les relations humaines. «La formation professionnelle, c'est un moyen d'être toujours en mouvement, de suivre l'évolution de la société, d'être en contact avec elle et de ne pas se scléroser», dit avec le sourire ce fan de Joy Division, Massive Attack et Quentin Tarantino. L'engagement au sein d'un syndicat viendra aussi assez naturellement pour Serge Marcillaud. «Je suis curieux. J'aime comprendre le monde qui m'entoure. Au début des années 90, j'ai ressenti le besoin de m'investir dans un syndicat parce que je ne comprenais pas bien le fonctionnement du monde économique. J'ai fait un passage au Medef, mais je n'y ai pas trouvé ma place. Je ne me suis pas senti écouté, explique sans critique Serge Marcillaud. Je me suis tourné vers la CGPME car c'était une structure plus petite, plus proche de moi, de mes préoccupations. On y rencontre des gens propriétaires de leurs entreprises qui sont confrontés tous les jours aux difficultés de gérer une boîte, pas des directeurs généraux de grands groupes. J'ai coutume de dire que si on n'a jamais eu son banquier de bon matin au téléphone parce que ça va mal, on n'est pas un vrai chef d'entreprise.»
De 50 à 800 adhérents
D'abord membre de la CGPME Dordogne, il en devient vice-président puis prend des responsabilités nationales. En 2006, on lui demande de reprendre les rennes de la fédération girondine mal en point. «Pour être franc, je n'avais pas vocation à être président de la CGPME Gironde mais on m'a demandé mon aide et j'ai accepté de relever le défi.» Quand il arrive, l'organisation patronale ne compte que 50 adhérents. «Nous avons beaucoup travaillé avec l'équipe des permanents. Nous sommes allés voir les gens, leur expliquer ce qu'on faisait, les services qu'on pouvait leur rendre pour être plus forts ensemble. Au-delà de ça, j'ai également voulu développer ce qui me tient à coeur: le dialogue, l'échange, la convivialité. Il n'y a rien de pire que la solitude du chef d'entreprise face aux problèmes du quotidien. Notre rôle en tant qu'organisation patronale c'est aussi de partager avec nos adhérents, de les épauler, les écouter, essayer de trouver des solutions.» Un état d'esprit et une philosophie qui ont payé puisqu'aujourd'hui, la CGPME Gironde compte près de 800 adhérents. «Je ne compte pas m'arrêter là», dit en plaisantant Serge Marcillaud.
Président de la CGPME Gironde et Aquitaine, Serge Marcillaud est un homme de dialogue qui a la passion de l'entreprise. A la tête de l'organisation patronale depuis trois ans, il l'a sortie de la torpeur. Son objectif: atteindre les 2.000 adhérents d'ici à 2012. Pour cela il est prêt à se battre, dit-il avec le sourire.