Après Huawei en 2013 et Bosch en 2015, la technopole azuréenne accueille en ce début d'année 2017 deux nouveaux acteurs de la microélectronique. Qui n'ont rien de simples figurants. A l'instar du groupe chinois TCL Communication Technology, n°3 mondial sur le marché des téléviseurs, n°5 sur celui des téléphones mobiles. Le géant de l'électronique grand public qui revendique 75.000 salariés et 21 sites de production dans le monde va inaugurer son 24e laboratoire de R&D ce jeudi 2 février dans les locaux sophipolitains de l'école d'ingénieurs Eurecom. Il est dédié aux systèmes 5G et emploie déjà une douzaine d'ingénieurs.
Sequans s'implante
Le second, Sequans Communication S.A, vient quant à lui d'annoncer l'ouverture d'un site de recherche et développement à Sophia Antipolis. Il s'agit du onzième site du fabricant français de semi-conducteurs dans le monde. Fondé en 2003 par Georges Karam, Sequans est spécialisé dans les solutions 4G LTE pour les secteurs de la téléphonie mobile, de l'électronique grand public, du M2M et de l'internet des objets. L'entreprise a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de 29,3 millions d'euros. L'équipe sophipolitaine composée aujourd'hui de sept ingénieurs (elle devrait atteindre la trentaine d'ici à trois ans) s'attachera au développement du cœur des puces LTE du groupe destinées aux objets connectés.
Vivier de talents
L'arrivée de ces deux entreprises démontre une fois de plus la capacité de résilience de la technopole azuréenne, désertée ces dernières années par des géants du secteur comme Texas Instruments, Samsung, Nvidia ou encore Intel dont les ingénieurs recrutés par Sequans et TCL sont d'ailleurs tous issus. « Ces départs ont paradoxalement impacté positivement le développement de Sophia Antipolis, dont l'attractivité s'explique en partie par le vivier de compétences hautement qualifiées en logiciels et systèmes embarqués disponibles sur place », souligne Jean-François Chapperon, de l'agence de développement économique Team Côte d'Azur, à la manœuvre dans ces deux implantations. Un véritable point fort « qui peut parfois l'emporter sur d'autres considérations économiques ou fiscales dans la décision des grands groupes d'implanter un site à tel ou tel endroit. »
La filière microélectronique en mutation
Et dans ce domaine, la technopole azuréenne continue d'être dans la short-list, notamment en matière de R&D. « La microélectronique azuréenne change de visage. La filière verticale telle qu'on l'a connue est aujourd'hui obsolète, elle est en train de muter de la conception vers les usages et s'exprime de moins en moins dans les télécoms, mais de plus en plus dans les services liés à la ville, à la mobilité, à la santé. » Ce qui se traduit par de nouveaux entrants, « généralement de taille moyenne mais aux ambitions mondiales ». À l'image de Sequans. De quoi augurer « une nouvelle phase de développement » pour le parc technologique, confirmée par les derniers chiffres publiés par le Symisa (Syndicat mixte d'aménagement de Sophia Antipolis) qui font état d'une création nette de 3 000 emplois ces trois dernières années. Au total, Sophia Antipolis totalise 36 300 emplois.