Separative : L'innovation "made in Rhône-Alpes"
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Separative : L'innovation "made in Rhône-Alpes"

Chimie fine. Lauréate du prix "Réseau Entreprendre Rhône", cette start-up intégrée à la plateforme Axel'One à Solaize met au point un procédé industriel qui pourrait faire bouger les lignes dans toute la vallée de la chimie.

Separative ou l'acharnement d'un ingénieur-chimiste qui depuis 25 ans mûrit coûte que coûte son idée. L'oeil rivé sur ses microscopes, François Parmentier, formé à l'ENSIC et HEC, a ainsi patiemment exploré le monde de l'infiniment petit, seul dans son coin, jusqu'à mettre au point un procédé qui aujourd'hui pourrait transformer une partie de l'industrie chimique. Pas moins. « L'idée est connue depuis longtemps mais personne jusqu'alors ne l'avait expérimentée », relève dans son laboratoire à Solaize ce patient chercheur qui, après une longue carrière en process chimie et pétrole chez Rhône-Poulenc et IFP Energies Nouvelles, s'est lancé dans l'aventure Separative. Une start-up intégrée en avril 2014 à la plateforme d'innovation Axel'One à Solaize et qui a depuis décroché coup sur coup le prix Bpi Innovation à Lyon, celui du " Réseau Entreprendre Rhône " ainsi que le fonds innovation départemental du Rhône. La structure est par ailleurs soutenue depuis ses débuts - à hauteur de 10 % du capital - par le fonds d'amorçage régional Financière Florentine.




Canaux microniques

Quid finalement de ce nouveau procédé que François Parmentier n'hésite pas à qualifier d'innovation « de rupture industrielle » ? Tout tient pour l'heure dans un tube à essai que le DG de Separative manie avec une extrême précaution. A l'intérieur, l'innovation maison, protégée par 4 brevets. En l'espèce, un solide de silice aux parois poreuses et percé d'une infinité de canaux microniques rectilignes... A usage industriel, cette " pépite " serait utilisée afin de purifier des produits chimiques et ainsi d'isoler des molécules ; méthode que l'on nomme la chromatographie... Laquelle, telle qu'employée aujourd'hui, est jugée très élitiste. « La chromatographie coûte extrêmement cher car elle s'opère encore sous haute pression », précise l'ingénieur. Pratiqué notamment dans des laboratoires de recherche des grands groupes pharmaceutiques, ce procédé chimique nécessite, de fait, quantité d'eau et surtout une pression de l'ordre de 150 bars... pression ramenée à 3 bars seulement avec l'innovation de Separative.




Un CA de 18 M€ visé pour 2020

« Ce sont ces canaux, formant une sorte de nid d'abeilles très dense, qui permettent d'arriver à de telles performances qui cassent les coûts », explique François Parmentier assurant que les enjeux révélés par cette innovation « sont considérables ». Le marché mondial de la chromatographie semi-préparative - coeur de cible de cette innovation - est en effet évalué a quelque 700 M€. « Notre objectif est de proposer des colonnes utilisées dans ce type de chromatographie plus efficaces et plus rapides », soutient son inventeur. La start-up, tout juste labellisée Novacité (label qui identifie sur le bassin lyonnais les entreprises à forte valeur ajoutée), vise en tout cas un CA de près de 2 M€ en année 3 et de 18 M€ à l'horizon 2020. Crédible ? « Ce projet industriel est soutenu par tout l'écosystème lyonnais », estime Pierre Frécon, managing partner du fonds Financière Florentine. « J'ai d'ailleurs rarement vu autant d'engouement

». Une innovation " made in Rhône-Alpes " donc. Et pour amorcer sa mise sur orbite, Separative va candidater ce mois-ci auprès de Bpifrance pour l'attribution d'un prêt de 350 K€. « Un plan de financement qui nous permettra entre autre d'embaucher avant la fin de l'année un directeur commercial », précise François Parmentier. Ce dernier n'exclut pas non plus, après la preuve commerciale du concept, une rapide levée de fonds auprès d'acteurs industriels, poids lourds du secteur et de fonds d'investissement spécialisés.

Separative



(Solaize) DG : François Parmentier CA 2014 : NC


www.axel-one.com

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