Durant cette période, le groupe a traité 55% des exportations céréalières rouennaises, à raison de 3,14 Mt de blé (+93,7%) et 0,88 Mt d'orges (+25,4%). Son chiffre d'affaires a bondi de plus de 30% à plus de 31millions d'euros générés à hauteur de 62% par ses silos céréaliers et de 38% par les flux agro-industriels. Ces derniers ont pesé 2,3 Mt pour l'activité trituration des usines Saipol et Diester Industrie et 75.000 tonnes pour l'approvisionnement du site BENP Lillebonne.
Autofinancer ses investissements
«Notre Excédent Brut d'Exploitation a représenté 36% de notre CA contre 24,4% l'exercice précédent et le résultat net s'établit à 4,125millions d'euros», précise André Laude, le directeur général de Senalia. Ce qui permet d'autofinancer les investissements prévus: Appontement fluvio-maritime à Lillebonne, remplacement d'un poste fluvial à la presqu'île Elie, nouvelle trémie ferroviaire et refonte des silos à Grand-Couronne. La stratégie du groupe vise à mieux structurer l'offre portuaire rouennaise entre silos coopératifs, et à tirer les opportunités du canal Seine-Nord-Europe avec une plate-forme multimodale (céréales, engrais, pondéreux) à Nesle/Languevoisin. Elle devra aussi relever le challenge de la pérennisation des exportations sucrières via le terminal Robust (89.000 tonnes en 2008/2009) et, sur le plan environnemental, celui du rejet des poussières au chargement des navires céréaliers.
Une filière handicapée par la parité euro/dollar
«Nous sommes très attentifs aux projets et travaux en cours de réalisation dans le port de Rouen» rappelle Jean-Jacques Vorimore, président de Senalia. «La remise en fonctionnement de la descente de la Seine en bi-marée grâce à laquelle les navires peuvent être chargés plus lourdement est un premier objectif à court terme. Creuser le chenal en est un autre». Deux éléments de nature à faciliter l'exportation sur certaines destinations comme l'Egypte qui impose des importations par cargaisons unitaires de 60.000 tonnes. D'autant que la parité euro/dollar handicape la filière céréalière française confrontée à la concurrence des producteurs riverains de la mer Noire. Au terme du premier semestre de la campagne en cours, «la conjoncture se présente sous un jour plus difficile», constate André Laude évoquant «des silos pleins et des exportations qui sont allés en s'affaiblissant». À ce moment, les sorties de Senalia, en retrait de 300.000 tonnes sur l'exercice antérieur ne dépassaient pas 1,7 Mt.
Avec 7,4millions de tonnes de produits agroalimentaires, dont plus de 4,2 Mt de céréales, manutentionnées durant la campagne 2008/2009 (1erjuillet 2008 au 30juin 2009), Senalia a connu un spectaculaire regain d'activité après trois exercices difficiles.