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Sellerie Nautique (SNA) - Guardtex rend le textile lumineux, une première mondiale
Morbihan # Textile # Innovation

Sellerie Nautique (SNA) - Guardtex rend le textile lumineux, une première mondiale

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Depuis la presqu'île de Rhuys, Sellerie Nautique (SNA) inverse les process des métiers du textile et tire des algorithmes de savoir-faire traditionnels. L'innovation produit tient également un grand rôle. Preuve en est, SNA vient d'inventer une toile de protection éclairante, une première mondiale. Elle vient de recevoir un prix au salon Marine Equipment Trade Show (Mets) d'Amsterdam.

— Photo : Xavier Eveillé

Fondée en 2012, Sellerie Nautique (SNA) conçoit des capotes sur mesure pour bateau, des accessoires en matériaux souples pour la course au large, des leazy-bags, des voiles d’ombrage... Autant de savoir-faire textiles qui n’ont plus grand chose à voir avec la sellerie traditionnelle car l'entreprise s'est engagée en 2015 dans une ambitieuse mutation numérique et technologique sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

« La sellerie marine répond à des méthodes de travail plutôt ancestrales. Le modèle économique touche vite ses limites. Pour nous, le terme de sellerie est même réducteur. Nous sommes complètement dans l’innovation, explique Thierry Plagué, le P-dg de SNA. Notre raisonnement consiste à se dire : comment faire autrement ? On a très vite attaqué un énorme travail de fond sur la conception CAO, sur la création d’une chaîne numérique avec comme objectif premier : réaliser des capotes pour bateaux d’une très grande précision, sans surprises pour le client. »

De fil en aiguille, SNA développe ses propres outils de conception, ses applications pour court-circuiter le prototypage. Des méthodes de conception pour produits uniques mais de qualité industrielle. Le bureau d’étude connaît ainsi un essor déterminant dans l’entreprise. Alors que l’atelier occupe toujours un seul poste, d’origine, et certes stratégique, le bureau d’étude est monté en quelques années à quatre personnes sur les sept emplois que compte SNA au total.

Ici, le design 3D se nourrit d’algorithmes "faits maison". « Nous avons investi 300 000 euros, notamment dans deux machines de coupe, l’une à table aspirante trois têtes et l’autre laser. Nous pouvons exploiter des données de la 2D vers la 3D mais aussi dans l’autre sens. On peut démodéliser un objet pour en tirer des plans. Les normes 2D sont souvent plus compliquées en sous-traitance pour l'usinage. »

L’innovation appelle l’innovation

SNA avance néanmoins sur la voie de la relocalisation sur-mesure avec ce credo : se passer de prototypage et monter en compétence dans la numérisation permet des économies de temps et d'échelle qui cassent les codes de la sous-traitance. « Une voile d'ombrage ne nous demande plus que cinq secondes de conception car nous avons tout hyper-modélisé. L'enjeu pour nous n'est pas neutre : d'ici six mois, l'intégralité de nos produits seront rentables. »

SNA arrive d'ailleurs à un cap : l'acquisition des deux tables de coupe, qui a bénéficié d'une aide de la Région de 49 000 euros, doit permettre de répondre à la demande croissance. Le recrutement de 10 emplois, en atelier comme en bureau d'étude, est un objectif à moyen voire court terme. « Nous manquons encore de visibilité mais d'ici six mois, nous devrions être fixés sur le rythme de notre montée en puissance. Mais le potentiel est énorme. » SNA et son atelier de 400 m² supplémentaires devra alors s'agrandir. L'entreprise estime ses besoins à 200 m² par personne supplémentaire...

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