Ségolène Royal ou La vérité si je mens
# Politique économique

Ségolène Royal ou La vérité si je mens

— Photo : Le Journal des Entreprises

Avec la victoire du Brexit puis de Donald Trump, le monde est entré de plain-pied dans l'ère de la post-vérité. Dans ce monde, la vérité est une opinion comme une autre, d'autant plus si elle est défendue par des médias jugés partiaux, les faits sont soumis à débats et de belles histoires font plus recettes que de vilaines exactitudes. Dans ce monde ou le mensonge, asséné avec aplomb, a vocation à devenir une vérité, David Johnson et Donald Trump sont devenus des hérauts. Il manquait une héroïne, la France l'a trouvée : elle s'appelle Ségolène Royal. L'ex-présidente du conseil régional de Poitou-Charentes s'est récemment déclarée « très satisfaite » des conclusions de la chambre des comptes concernant la gestion de sa collectivité. Selon elle, il a été démontré que « le processus budgétaire de la région n'était ni irrégulier ni générateur d'insécurité » et « qu'aucune facture n'a été laissée à la nouvelle Région Aquitaine ». Et comme si sa démonstration ne suffisait pas : « Le trou dans les caisses n'existe pas, il y a même du potentiel transféré ». Et tant pis pour les 46 millions d'euros de dettes toxiques et les 132 millions d'euros d'impayés. Quelques jours plus tôt, la ministre de l'Environnement nous avait appris que Cuba n'est pas une dictature. Mais il faut se souvenir du 6 mai 2007 pour profiter de la plus incroyable déclaration de Ségolène Royal. Au soir de sa défaite à la présidentielle, celle-ci évoquait « d'autres victoires » à venir. Alors que certains spéculent sur le ralliement de Ségolène Royal à Emmanuel Macron, on peut s'interroger : est-ce une bonne nouvelle pour lui ?

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