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SEG Diéletriques investit pour recycler ses chaleurs fatales
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SEG Diéletriques investit pour recycler ses chaleurs fatales

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Fabricant d’isolants diélectriques, l’héraultais SEG Diélectriques actionne tous les curseurs pour réduire ses factures énergétiques : éclairage, température, autoconsommation… Son plus gros projet, visant à récupérer la chaleur fatale de son usine, mobilisera 800 000 euros d’investissement.

Bâtie en 1978 à Poussan, l’usine de SEG consomme 1 700 MWh d’électricité par an — Photo : SEG

L’explosion des factures énergétiques, consécutive au Covid en 2020 et à la guerre en Ukraine en 2022, a frappé SEG Diélectriques (50 salariés, CA 2024 : 10 M€) sur deux fronts. Unique fabricant français de produits diélectriques, l’entreprise dispose d’une usine de 6 600 m2 située à Poussan (Hérault), près de Sète. Consommant 1 700 MWh d’électricité chaque année, elle a vu ses dépenses bondir de 160 000 à 400 000 euros par an, soit une hausse de 250 % sur la période 2022/2024. D’autre part, ses besoins en gaz (1 450 MW/h annuels) l’ont aussi conduite à débourser 100 000 euros en 2024, contre 60 000 euros par le passé.

Réutiliser l’énergie brute

Le surcoût financier supporté par SEG a poussé la PME à réactiver un projet visant à rationaliser ce poste de dépenses. L’objectif est d’installer dans l’usine un procédé de récupération de chaleur fatale (issue de ses machines) : SEG utilise notamment, en bout de chaîne, un oxydateur brûlant à 800° les éléments volatils issus de la fabrication et du collage des isolants. La démarche nécessitant d’abord de lancer une phase d’études, le directeur des achats, Bruno Galbiati, a suivi une formation ad hoc. "La première étude nous a permis de valider que l’énergie à l’état brut disponible en sortie de l’oxydateur pourra être réutilisée de façon significative, au vu de nos besoins pour faire tourner les autres machines de l’usine", explique-t-il.

Un plan de déploiement sur 2025

Après une deuxième phase de consultations pour trouver des prestataires, SEG finalise aujourd’hui son projet dans sa phase technique et financière. Il prévoit l’installation, en 2025, d’un premier échangeur sur la principale cheminée de l’usine, pour capter la chaleur fatale et la réinjecter dans le circuit d’eau interne. Trois autres échangeurs seront installés sur la chaudière et sur deux machines de production pour, à nouveau, l’injecter dans ce circuit et mieux chauffer l’usine. L’économie attendue par SEG atteindrait 100 000 euros par an, soit une baisse de 20 % de ses factures. Le budget d’investissement se monte à 800 000 euros, dont 40 à 50 % d’aides publiques, "en espérant que l’Ademe existe encore dans six mois", rajoute Bruno Galbiati, dans une allusion au débat en cours sur le futur de l’agence.

Cumuler les potentiels d’économie

Ce projet vient compléter d’autres dispositifs d’économie déjà mis en œuvre, ou en passe de l’être, par la PME héraultaise. Dès 2021, SEG a par exemple installé des éclairages LED pour réduire la facture électrique de ses ateliers. Elle a ensuite acquis une station à air comprimé, dont elle récupère aussi la chaleur fatale pour améliorer la température d’un de ces ateliers. Enfin, l’autre sujet du moment concerne l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de l’usine. Moyennant 90 000 euros d’investissement, ils déploieront une puissance suffisante pour réduire la facture de SEG d’un mois de consommation électrique sur l’année. "Et nous serions alors en totale autoconsommation", se réjouit Bruno Galbiati.

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