Finistère
Sécurité : Demande renforcée après les attentats du 13 novembre
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Sécurité : Demande renforcée après les attentats du 13 novembre

Comme partout en France, les attentats de Paris, en novembre, ont engendré une hausse de la demande en matière de sécurité. Dans le Finistère, certains secteurs ont renforcé leurs dispositifs, tandis que d'autres s'équipent davantage, notamment pour filtrer les accès.

« On a vraiment senti l'effet des attentats », estime Annabelle Loaëc, de l'agence Assist Sécurité, à Bourg-Blanc (49 salariés ; 5M? de CA). « On a beaucoup de demandes de renforts, au moins jusqu'en février et notamment sur les événements et équipements culturels, sportifs ou pour les collectivités », poursuit celle qui estime la hausse d'activité à environ 15 %. Comment fait-elle face à cette demande supplémentaire ? « Ce n'est pas toujours facile car toutes les structures ont des besoins similaires au même moment. Il arrive que les agents qui travaillent pour nous en extra travaillent aussi parfois pour nos concurrents. Mais avec plus de 150 agents formés qui gravitent dans notre réseau, on a un bon vivier dans lequel puiser ! » Même son de cloche à Lorient, où s'est déroulé le premier match post-attentat du FC Lorient contre le Paris Saint-Germain. « Il y a déjà un dispositif important en temps normal, avec beaucoup de services de police. Mais des renforts ont été nécessaires pour de la palpation à l'entrée », explique Alban Ragani, cogérant de Sécuriteam (lire ci-dessous).




Commerce et distribution : hausse en demi-teinte

Côté commerce, dans le Finistère, de grandes enseignes comme Printemps ont renforcé la vigilance mais n'ont pas eu besoin de recourir à des dispositifs spécifiques. Thierry Domorak, directeur du grand magasin brestois, apprécie les efforts des services de l'État : « Les policiers viennent nous voir beaucoup plus souvent, aux alentours d'une demi-douzaine de fois par jour : c'est vraiment appréciable ! » Les centres commerciaux, en revanche, ont fortement augmenté les moyens alloués à la sécurité, comme l'explique Alain Le Bars, directeur qui gère notamment les deux centres commerciaux du centre-ville de Brest. « Nous avons augmenté notre budget habituel de 20 à 25 % sur l'Espace Jaurès et Coat ar Gueven, soit une hausse d'environ 15.000? par mois. Nous avons notamment instauré un dispositif de fouilles aléatoires et des contrôles au moyen de détecteurs de métaux ». Combien de temps ce dispositif renforcé sera-t-il maintenu ? « Autant que nécessaire, en fonction de l'évolution de la situation ». Difficile pourtant, dans le domaine de la distribution, de se faire une idée réelle de l'impact des attentats en matière de sécurité. « Chaque année, on augmente toujours les effectifs en période de fêtes », explique en effet Stéphane Nézet, directeur de Sécurit 29 (118 salariés ; 2 millions d'euros de CA). « D'une manière générale, la grande distribution a effectivement légèrement renforcé sa demande mais à mon avis, ça va aller en diminuant ».




Industrie, défense : vigilance accrue sur les sites sensibles

Côté sites industriels, la demande de renfort semble s'être surtout opérée les premières semaines après les attentats de Paris, avant un retour progressif aux dispositifs habituels de sécurisation. « J'ai noté une légère hausse de la demande, de l'ordre de 10 %, notamment du côté de Brest et Quimper, mais ça reste peu par rapport à ce qu'on peut voir dans des grandes villes », détaille Didier Jacques, dirigeant de Finistère Gardiennage Sécurité, à Melgven. Spécialisé, entre autres, dans la sécurité de sites militaires, administratifs et hospitaliers, Alain Malabry, le directeur de France Gardiennage Bretagne - Pays de la Loire (140 agents ; env. 2,5 millions d'euros de CA), confirme. « On n'a pas noté de hausse sensible au niveau breton, contrairement à ce qu'on a vu du côté de Toulouse ou de la région parisienne », explique-t-il. « Les effectifs pour la surveillance de structures militaires comme l'arsenal, à Brest, ont bien sûr été renforcés, mais surtout avec des militaires. Nous, nos effectifs restent sensiblement les mêmes, mais la vigilance est bien évidemment accrue ». La demande est surtout en hausse dans le Nord-Finistère : « D'une façon globale, on a eu une forte augmentation des besoins, notamment sur les sites sensibles », assure le gérant d'une autre agence finistérienne de protection, qui préfère garder l'anonymat. Une hausse qui peut s'expliquer par la présence de nombreux équipements militaires dans et autour de la Cité du Ponant.





Le groupe naval de Défense DCNS est bien sûr parmi les plus concernés, une partie de ses équipes se trouvant dans l'arsenal. Là, c'est la sécurité de la Marine qui décide. Mais début janvier, 410 salariés,- des énergies marines renouvelables ou encore du service comptabilité-, emmenégeront dans un tout nouveau bâtiment zone du Froutven à Guipavas. Et avant même leur arrivée, la sécurité a été renforcée avec, par exemple, l'ouverture des coffres de voitures à l'entrée du parking. « Tant que nous serons en état d'urgence, le personnel utilisera le parking déporté au lieu de celui en bas du nouveau bâtiment », ajoute Dominique Sennedot, directeur de DCNS Brest.




Les entreprises s'équipent pour filtrer les accès

Pour renforcer la protection de leurs locaux et de leurs salariés, d'autres entreprises renforcent aussi leurs dispositifs de sécurité, tout comme les établissements recevant du public et les particuliers, comme l'explique Éric Bonnec, dirigeant de Cornouaille Confort Sécurité (4 salariés ; CA : nc). « On a une augmentation de l'ordre de 20 % en matière d'installations d'équipements de surveillance vidéo, et depuis décembre on a aussi une hausse de la demande de contrôle des accès, au moyen de badges ou d'interphones vidéo. »



Jean-Marc Le Droff

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