L'outil de base de l'éco-conception, c'est la fameuse «analyse du cycle de vie» (ACV), un processus qui consister à mesurer les quantités de matières, d'énergies et de déchets (qu'ils soient solides, liquides ou gazeux) liés à chaque étape du cycle de vie d'un produit, depuis sa conception jusqu'à sa «mort». Ce processus peut être mené grâce des outils très variés, gratuits ou payants, qui peuvent prendre la forme de simples tableurs Excel ou de logiciels beaucoup plus complexes, s'appuyant sur des bases de données réactualisées en permanence (les délégations locales de l'Ademe sont là pour aiguiller le choix de la solution la plus adaptée). En fonction de la maturité de votre entreprise, l'ACV peut être menée en interne, ou par un conseil extérieur. Des dispositifs de financement (voir page suivante) peuvent vous permettre d'adoucir le coût - sous certaines conditions - relatif à ces études.
Se focaliser sur un impact
Une fois l'ACV réalisée, vous aurez alors une idée des impacts de votre entreprise sur différents facteurs (consommation d'eau, de gaz, de matières, émission de gaz à effets de serre, d'énergie, pollution directe et indirecte,etc.). Le piège est alors de se perdre dans cette masse d'information, alors qu'il faut au contraire miser sur la sélectivité. «Il faut absolument choisir de se focaliser sur un impact. Est-ce que je veux que mon entreprise réduisent avant tout sa consommation d'eau? Ses émissions de polluants? Ses besoins en énergie? Il faut absolument savoir où l'on va et être sélectif sous peine de se noyer dans la mise en place d'une véritable usine à gaz. Choisir un impact permet de mettre en place rapidement des actions, et d'en mesurer tout aussi rapidement les effets», explique Dominique Béhard, directeur associé du cabinet de conseil Terra 21. Une fois l'ACV réalisée et les priorités définies, vous disposez dès lors de toutes les informations nécessaires pour mettre en oeuvre les pistes d'amélioration. Attention, à chaque fois, il convient d'évaluer l'impact environnemental des pistes ainsi trouvées, afin d'éviter notamment le piège du «transfert de pollution» (voir ci-contre). Cette sélectivité, l'entreprise doit également en faire preuve en ciblant ses initiatives d'éco-conception. Inutile de se disperser en voulant imposer le concept sur toutes les lignes de produit, ce qui déboucherait sur des études longues et la résolution coûteuse de problématiques trop nombreuses. Une entreprise a ainsi tout à gagner en ciblant l'éco-conception sur un produit, dans le cadre d'un lancement ou d'une volonté d'amélioration de ce dernier.
L'éco-conception repose sur l'analyse des impacts environnementaux d'un produit durant tout son cycle de vie. Mais également sur un parti pris à la lecture de cette analyse: si vous tenez absolument à tout résoudre, vous avez de fortes chances de vous perdre!