«Les troubles musculo-squelettiques (TMS), c'est l'amiante de demain», présage Pascal Denoël, dirigeant de Sapelem. Dans son atelier de Beaucouzé, l'entreprise conçoit et fabrique des «remèdes» à ces maladies. Des systèmes de manutention qui, grâce à la robotique collaborative (cobotique), aident les opérateurs, sur les lignes de montage, à manipuler les charges. Objectif: «Qu'ils fassent le moins d'effort possible tout en gardant de l'ergonomie.» Un «prolongement du bras de l'opérateur», en quelque sorte.
Quatre ans de recherche et développement
En 2004, la PME a lancé un ambitieux programme de recherche et développement autour d'une idée: «Faire en sorte que la machine soit pilotée par l'intention de l'opérateur.» Au bout de quatre ans, «Ze Solution», un bras manipulateur ergonomique intelligent, est né. Sept ans plus tard, cinq personnes travaillent toujours à temps plein sur le produit. Un pari osé, mais payant. Aujourd'hui, c'est toute l'industrie qui est ciblée par Sapelem. «En investissant dans l'ergonomie, la rentabilité n'est pas immédiate», concède Pascal Denoël. Les effets se mesurent à plus long terme. «Il s'agit, bien sûr, pour le chef d'entreprise de prendre en considération la santé de son personnel, mais l'ergonomie apporte aussi de la polyvalence dans l'entreprise, permet de limiter l'absentéisme et les coûts de désorganisation...» Pascal Denoël voit aussi dans ces investissements «une assurance risque». Alors que les TMS constituent la première cause de maladie professionnelle reconnue, «on commence à voir, dans certains secteurs, des salariés attaquer au civil leur entreprise et au pénal le chef d'entreprise, quand rien n'a été mis en place. Pourtant, des solutions existent».
Mailler l'Europe
Fournissant aujourd'hui des solutions «clef en main» à travers toute la France, Sapelem, qui est également spécialisée dans la fabrication de composants robotiques dans le domaine du vide industriel (ventouses, générateurs de vide...), se développe aussi à l'international. «Nous collaborons avec des partenaires qui travaillent sur la base de nos préconisations et utilisent notre produit «Ze Solution». On se partage les rôles.» Avec cette organisation, Sapelem vient d'ailleurs de décrocher une «très grosse commande avec un constructeur automobile allemand», annonce Pascal Denoël. L'export représente aujourd'hui 20 à 25% de l'activité de Sapelem, qui vise les 60% dans les cinq ans. «Quand nous aurons bien maillé l'Europe, nous nous attaquerons au marché américain, où nous devrons faire face aux nombreuses barrières protectionnistes.»
Projet R & D d'envergure
Pour accompagner sa croissance, Sapelem va s'installer dans une nouvelle usine au mois de mai2012. Un investissement de plus de 2M€ qui va lui permettre de passer d'une surface de 1.500 à 3.200m², sur un terrain de 1,5ha. Toujours dans la zone industrielle de Beaucouzé. «Les salariés sont fiers de leur entreprise et des challenges qu'ils relèvent. Ils se sont organisés dans leur vie pour venir travailler ici. Ma priorité était donc de rester ici», explique Pascal Denoël. Cette nouvelle usine abritera également un important projet de recherche et développement, dont le contenu reste secret pour le moment. Co-labellisé par les pôles de compétitivité EMC2 et Novalog, il a reçu un financement de l'État et de la Région, via le Fonds unique interministériel (FUI). «Si ce projet réussit, la nouvelle usine ne sera pas assez grande!», prévient Pascal Denoël. La PME prévoit plusieurs embauches dans les mois à venir. «Mais nous avons du mal à recruter.» Parmi les freins: «L'extraordinaire attractivité de Nantes au détriment des autres territoires.» Mais surtout, «les jeunes sont de moins en mois attirés par la technique. L'industrie a une mauvaise image, déplore le dirigeant. Pourtant, chez Sapelem, on parle logiciels embarqués, électronique, composites aluminium, haute technologie... Ici, tout le monde a le sentiment de vivre une grande aventure industrielle!»
Sapelem
(Beaucouzé) Président: Pascal Denoël 38 salariés CA: 4M€ Tél.: 02 41 72 15 20 www.sapelem.com