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Saint-Malo : Beaumanoir crée sa vitrine digitale
Saint-Malo # Investissement

Saint-Malo : Beaumanoir crée sa vitrine digitale

Après Roullier et son centre de R & D, en cours de construction, le groupe Beaumanoir annonce un nouvel investissement majeur pour Saint-Malo. Le géant de la distribution textile fait de Korben sa tête de pont du service et va bâtir sa vitrine digitale : « Silicon B ».

Le territoire malouin reçoit actuellement des investissements capitaux pour son avenir et majeurs pour son attractivité. Le groupe d'agro-fourniture Roullier (3,1 Md€ de CA, 7.000 salariés) avait déjà frappé fort en annonçant la localisation en Bretagne de son futur centre de R & D mondial, actuellement en cours de réalisation sur le port où il hébergera 200 chercheurs.




10 M€ d'investissement au moins

Le 1er décembre, c'est un autre capitaine d'industrie local, Roland Beaumanoir, qui a dévoilé un deuxième projet d'envergure pour Saint-Malo. Ce géant de la distribution textile (1,3 Md€ de CA, 13.000 salariés) annonce la construction d'un nouveau bâtiment emblématique de 5.000 m², le « Silicon B », axé business et connecté French Tech. Un investissement estimé à environ dix millions d'euros, a minima.




200 à 250 créations d'emplois

Dans le quartier populaire de la Découverte - « futur Défense » dixit le maire -, cette « vitrine digitale » abritera quelque 500 salariés du groupe sous la nouvelle ombrelle Groupe Korben : les 100 salariés de ce qui était jusqu'à présent la filiale digitale de Beaumanoir (Korben avait été créée après le rachat de Cache-Cache), auxquels il faut ajouter les 300 collaborateurs de sa filiale logistique C-Log et les emplois des services informatiques.




Le cerveau du commerce

D'ici à trois ans, 200 à 250 postes supplémentaires y seront créés. Il s'agit de métiers nouveaux liés à l'essor du digital. Derrière ces murs, le groupe va abriter le cerveau du commerce de demain, et déjà d'aujourd'hui. Chez Beaumanoir, on ne parle plus d'e-commerce mais de smart retail. Le m-commerce paraît aussi dépassé. Il faut désormais digérer un flux d'informations massif et des clientes toujours plus connectées. En cours de déploiement, des puces RFID logées dans les étiquettes de Cache-Cache, Bonobo et Bréal, permettent de gagner du temps aux équipes en magasin. Fini l'inventaire à la Prévert ! En caisse, cette puce se désactive et, au premier lavage, se détruit.




« Creative factory »

Au coeur de la relation client, cette nouvelle vitrine abritera sa « creative factory » : des studios photos, agences de design digital, sociétés déjà créées comme Studio 1338 ou à venir grâce à un incubateur et un accélérateur... « Un lieu ouvert sur le monde », résume François Papini, DG de C-Log. Il en prend la responsabilité et pour lui, « il s'agit du lancement d'une nouvelle marque forte ». David Legrand, DG de Korben, gérera quant à lui cette « Media data house », qui investit un million d'euros par an en acquisition de trafics sur le web (51 millions de visiteurs pour deux millions d'articles vendus en ligne). Pour les épauler, ils ont recruté Daniel Gergès, ancien ingénieur rennais issu de l'essaimage d'Orange et en provenance directe de chez Sage, après avoir créé lui-même des start-up en tant qu'expert des réseaux sociaux d'entreprise (Wokup ; Weem et Keenjo liquidées depuis). Comme quoi, l'échec peut aussi être positif, à l'anglo-saxonne !




Une nouvelle business unit

En attendant la construction de son « Silicon B » agile, Beaumanoir loue l'ancien QG de Deleage (restructuré par le groupe Danfoss), dans la ZI Sud, pour regrouper tous ces services et les décloisonner au maximum. On range la maison, mais on la met aussi en ordre de marche pour avoir un temps d'avance. « Je n'ai pas envie de prendre de retard », souligne Roland Beaumanoir, P-dg fondateur qui prend « un nouveau départ ». Son groupe donne ainsi naissance à une nouvelle business unit, un relais de croissance. Nom de code : « BBS » pour Beaumanoir Business Services. « Dans son ADN, le groupe est une société de services, martèle le boss. La dimension que nous allons chercher dépasse largement la distribution textile. Nous sommes dans une tempête et nous n'allons pas encore assez vite pour s'adapter au commerce. ». Objectif : servir ses 2.700 magasins dans le monde, dont 1.500 en France (900 sont indépendants), mais aussi des clients tiers avec des offres de cloud computing, de logistique (global store solution)... Le Malouin s'inspire de géants mondiaux comme Otto, à l'origine de la VAD en Allemagne, Bertelsman et sa filiale Arvato, ou le Nordiste Décathlon, mais aussi d'expériences internes réussies comme C-Log. Sa filiale logistique ultramoderne sert aujourd'hui des clients historiques comme Eden Park, ou plus récents (2014) comme Vilebrequin, Polka, NewMan, le web France et Chine de SMCP, la marque de cosmétique naturelle Britanie... D'ailleurs, les services de C-Log vont intégrer dès ce mois-ci un nouveau bâtiment construit à Pleudihen-sur-Rance (22) : un autre investissement de deux millions d'euros. Ces bonnes nouvelles sont « un signe fort pour Saint-Malo », se réjouit son maire. « Ça se passe ici ! »



Géry Bertrande

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