Seac a quitté il y a quelques mois ses locaux de la Rivière à Saint-Étienne pour s'installer dans un bâtiment au Technopole, l'entreprise n'est pourtant pas en croissance...
Non, effectivement ! Mais nous y avons été contraints. Nous louions 9.000 m² à Jteckt, un de nos actionnaires. Quand Jtekt, dont le siège est au Japon tout comme Somic Ishikawa notre actionnaire principal, a décidé de quitter Saint-Étienne pour s'installer près de Lyon, il aurait fallu, pour y rester, que nous puissions racheter nos locaux. Mais ils étaient beaucoup trop vétustes. Il a fallu trouver une solution très rapidement. Nous avons finalement pu investir (montant non communiqué NDLR) dans ce bâtiment qui avait appartenu à l'entreprise IGPM. Je me suis battu pour faire avancer ce dossier très rapidement car sinon, nous aurions été dans l'obligation de partir nous aussi sur Lyon.
Seac a traversé des périodes difficiles. Où en est l'entreprise aujourd'hui ?
Quand je suis arrivé aux manettes de Seac, en 2007, l'entreprise réalisait un chiffre d'affaires de 34 M€. En 2012, en raison de la crise qui sévissait depuis 2009, on était à 12 M€... Mais nous n'avons pas licencié, nous avons seulement fait du chômage partiel. Depuis 2012, nous remontons doucement la pente. Cette année, nous atteignons les 20 M€ de chiffre d'affaires, avec une rentabilité satisfaisante. Nous avons une visibilité jusqu'en 2020 avec Toyota, nous savons que de nouveaux programmes arrivent. Nous sommes leur fournisseur exclusif européen pour nos produits. Seac avait d'ailleurs été créée en 2000 pour accompagner Toyota dans son déploiement en Europe. Toyota représente 65 % de notre chiffre d'affaires.
Quels sont vos arguments, face aux actionnaires japonais, pour garder cette entreprise en France plutôt que dans un pays européen low-cost ?
La seule réponse possible est la performance. Nous sommes positionnés sur un marché compliqué où seules comptent l'efficacité économique et technique. Nous travaillons donc avec notre actionnaire pour proposer des produits plus compétitifs, mais leur développement se fait au Japon et nous réfléchissons aussi à des investissements dans des machines plus performantes. Notre salut ne peut venir que de là : efficacité et rentabilité. Ceci étant, le contexte réglementaire et fiscale français ne nous aide pas beaucoup !
Saint-Etienne Automation Components
Président : Adrian Lintis
CA 2014 : 20 M€
120 salariés
www.seac-sas.fr