Saint-Etienne : Comment DTF va générer 10M€ de chiffre d'affaires supplémentaires grâce à un contrat non renouvelé
# Industrie

Saint-Etienne : Comment DTF va générer 10M€ de chiffre d'affaires supplémentaires grâce à un contrat non renouvelé

Dispositifs médicaux. Suite à la non-reconduction d'un contrat de distribution, La PME stéphanoise se lance dans l'industrialisation d'un nouveau dispositif médical.

5 à 10 M€ de chiffre d'affaires supplémentaires, avec « une rentabilité satisfaisante », selon Jean-Philippe Massardier le co-dirigeant de la PME stéphanoise Diffusion Technique Française (DTF), pourraient être enregistrés dans les cinq à sept ans à venir grâce à la mise sur le marché d'un nouveau produit.

Diversification
Ce nouveau dispositif ressemblant à un gros pansement permet de traiter les plaies chroniques grâce à une technologie stimulant les ions présents dans la peau afin de permettre une cicatrisation plus rapide. DTF est spécialisée dans la fabrication de dispositifs destinés à l'allaitement, à l'aérosolthérapie ainsi que dans les matelas anti-escarres. Avec Posifect, DTF entend ainsi poursuivre sa stratégie de diversification en élargissant sa gamme destinée au traitement des plaies. « Avec les matelas, nous avons déjà un public d'établissements de santé, de maisons de retraite... Sur la même cible, nous voulons pouvoir offrir plus de produits ». Cinq commerciaux ont été recrutés pour lancer la commercialisation dès le mois prochain. En ligne de mire, la France dans un premier temps, puis l'Europe.

Production aux États-Unis
L'industrialisation se fera aux États-Unis. « C'est une situation atypique, pour ne pas dire rarissime en effet de fabriquer aux États-Unis avant de rapatrier les produits en France ! », reconnaît Jean-Philippe Massardier. Une situation s'expliquant par l'histoire de la mise au point de ce nouveau dispositif médical. « Entre 2009 et 2013, nous étions les distributeurs d'un produit analogue fabriqué par une société allemande, Woundel. En 2012, cette activité a été reprise par un gros groupe, le Suédois Molnlycke. Le 5 juin 2012, on nous a gentiment indiqué qu'à la fin de notre contrat, en mars 2013, leur filiale française reprenait la main... », se souvient Jean-Philippe Massardier.

Rebond
« Nous avons été très déçus car nous avions fait un énorme travail, avec 2 M€ de chiffre d'affaires annuel ». Déçue mais combative, la PME stéphanoise n'a pas baissé les bras. Grâce à un partenariat avec l'INSA, elle a identifié une entreprise américaine qui avait développé une technologie semblable. L'entreprise avait fermé ses portes en 2008 mais avait entretenu ses brevets et ses marques. Qu'à cela ne tienne..., les dirigeants de DTF ont négocié et, en 2014, à la fin de la clause de non-concurrence signée avec Woundel, ont repris marques et brevets. « Quelques personnes de cette ancienne société d'Atlanta ont accepté d'être consultants pour nous et de nous aider à mettre en place l'industrialisation chez des sous-traitants près de chez eux. Cette solution nous permet de démarrer rapidement la production ». Entre l'acquisition de la technologie, des brevets, et du matériel nécessaire, deux millions d'euros ont été investis.

« Lorsque ces investissements auront été amortis, d'ici 4/5 ans je pense, nous doublerons l'industrialisation avec une production ici à Saint-Étienne. Trois à huit personnes pourraient être recrutées. Les États-Unis produiraient pour le continent américain, la France pour la zone EMEA », précise Jean-Philippe Massardier. Et de se réjouir : « Nous nous lançons à point nommé. Molnlycke vient d'annoncer qu'elle stoppait la commercialisation de ce produit... Probablement parce qu'il ne représente qu'une activité annexe dans son chiffre d'affaires ».


(Saint-Étienne) Dirigeants : Jean-Philippe Massardier et Gilles Chantrel 110 salariés CA 2015 : 14,5 M€ www.dtf.fr

# Industrie