C’est un signal rassurant sur l’attractivité économique de Nîmes Métropole. Propriétaire de la zone aéroportuaire de Nîmes Grande Provence Méditerranée, l’Agglo gardoise a négocié et obtenu du groupe francilien Sabena Technics (4 000 salariés), expert en maintenance aéronautique, qu’il maintienne à long terme son entité nîmoise Sabena Technics FNI (450 salariés, CA 2025 : 140 M€) sur la plateforme.
Conclue pour 25 ans, la convention d’occupation temporaire (COT) du domaine public aéroportuaire s’accompagnera d’un plan d’investissements de 12 millions d’euros échelonnés sur la durée du bail – soit un montant équivalent aux engagements pris par Sabena Technics dans le cadre de la précédente convention.
Un contexte de forte concurrence
Certes, l’entreprise est présente dans la zone d’activités de l’aéroport gardois depuis les années 1990. Mais, dans un contexte de vive concurrence imposée par l’Asie et l’Europe de l’Est, encore fallait-il convaincre le groupe, qui dispose de 20 bases dans le monde, d’y rester. "Nous allons financer et apporter des améliorations au site, mais il fallait que la convention soit signée à des prix compétitifs. Nîmes Métropole s’est donc engagée à réaliser des travaux d’aménagement, comme le déplacement du point fixe d’où les hélicoptères décollent", cite Philippe Martin, nouveau directeur général de Sabena Technics FNI, en poste depuis le début d’année.
Un long programme de modernisation
De son côté, Sabena Technics investira au fil du temps dans divers chantiers de modernisation et d’aménagements externes sur ce site de plus de 100 000 m2. Il vient par exemple d’en renouveler les points d’accès sécurisés. Il prévoit ensuite d’élargir les bretelles d’accès à son parking, où il peut accueillir jusqu’à 15 avions. "Depuis la crise du Covid, les compagnies aériennes demandent de plus en plus de stockage d’avions. C’est une partie intégrale de notre activité de maintenance", souligne le dirigeant.
Une expertise dans le civil et le militaire
Sabena Technics dispose de 2 grands hangars où il déploie son offre de services (maintenance, modifications, intégration, formation, logistique) pour les aéronefs civils et militaires. Pour sa part, la maintenance des Canadairs est opérée dans un bâtiment mis à disposition par la Sécurité civile et, de ce fait, se situe hors du cadre de la COT. Elle constitue néanmoins une part majeure de l’activité : la société gère actuellement un chantier de maintenance pour des Canadairs de la Sécurité civile grecque.
Sur le volet militaire, Sabena Technics va transférer l’activité de maintenance des avions ravitailleurs multirôles MRTT, qu’il développait depuis deux ans, vers son nouveau site d’Istres (28 000 m2, 60 salariés) dans les Bouches-du-Rhône, opérationnel en octobre 2026. La base nîmoise conserve néanmoins d’autres chantiers, comme la mise à niveau des KC-135, un autre type d’avions de ravitaillement en vol.
Une logique multisite à optimiser
Pour Philippe Martin, qui pilote les deux sites en plus de celui de Perpignan (250 salariés) dans les Pyrénées-Orientales, l’enjeu est de répartir la charge de travail entre les trois. "Nos sites ne sont pas en compétition. Notre priorité est que chacun d’eux fonctionne au maximum de ses capacités. À Nîmes, le transfert des MRTT va libérer de la place pour faire d’autres activités de maintenance sur les avions commerciaux".
Un business plan à préciser
Enfin, dans le cadre de cette COT, Sabena Technics a été désignée comme prioritaire dans l’aménagement d’un foncier de 12 000 m2, jouxtant les locaux actuels. La société réfléchit déjà à d’autres investissements qu’elle réalisera en fonds propres à cette fin. Ils porteront sur l’achat d’outillages et de moyens industriels, et seront précisés dans le nouveau business plan à quatre ans que la société dévoilera prochainement. Au titre de la précédente convention, l’investissement moyen porté par Sabena Technics se montait à 4 millions d’euros par an.