C'est remise sur les rails que S3A Telecom attaque l'exercice 2009. Pourtant, cette entreprise rezéenne spécialisée dans l'installation de câblage informatique et de courant faible a bien failli disparaître en 2008. Confronté à de sévères problèmes de trésorerie, Antoine Allain, alors P-dg, avait en effet été contraint de déposer le bilan en octobre, pour un court mois de redressement et une liquidation finalement prononcée en novembre. À l'époque, 70 salariés répartis sur quatre entités (la holding S3A Telecom, S3A Nantes, S3A Poitiers et S3A Montpellier) sont concernés. L'ensemble visait alors 10M€ de CA sur l'exercice, soit le triple de l'activité dégagée deux ans plus tôt. Des revenus réalisés sur l'ensemble du territoire français, de l'Alsace au Tarn, auprès d'une clientèle issue de façon quasi exclusive du secteur public (lycées, collèges, usines thermiques EDF,etc.).
Reprise à la barre
Finalement, le salut viendra d'une reprise à la barre du tribunal par la holding Vara, basée à Anetz. Une structure qui contrôle déjà deux solides sociétés: La Signalisation Bretagne (LSB), à Vannes (maintenance de réseau télécoms sur 23 départements de l'Ouest, 350 collaborateurs, 35M€ de CA), et Soneg, à Ancenis (inspection technique des parcs de poteaux téléphoniques, 20 collaborateurs). «S3A Telecom nous offre l'opportunité de nous diversifier, tant en termes de métiers que de clients. De même, l'entreprise présente de vraies compétences techniques ainsi qu'un bureau d'études à la qualité de prestation reconnue», explique Arnaud Delamare, président et actionnaire à 80% de Vara.
Diversification vers le courant fort
Restait un chantier de taille: redimensionner l'entreprise pour lui permettre de faire face à ses problèmes de charges et de trésorerie. Vara reprend alors trois entités de S3A, abandonnant S3A Montpellier, et un total de 36 salariés. Le tout est versé dans une nouvelle structure juridique, S3A une SASU au capital de 37.000 €. «De novembre à janvier, nous avons totalement réorganisé la structure de coût de l'entreprise, renégocié tous les achats de prestation et de matériel, afin de réduire par trois le seuil du point mort», se rappelle Arnaud Delamare. Du coup, le S3A «new-look» peut viser un retour à l'équilibre dès cette année, pour un CA prévisionnel de 8M€. Objectif à l'horizon 2010:franchir la barre des 10M€ grâce à une stratégie de diversification. «Très implantés sur les marchés publics, nous allons nous développer sur les marchés privés, notamment dans le câblage de bureaux, de plate-formes logistiques... De plus, nous souhaitons intégrer des savoirs faire en matière de câblage de courants forts. Enfin, nous allons nous rapprocher de grands groupes nationaux, que nous connaissons déjà grâce à LSB, afin de développer notre collaboration», dévoile Arnaud Delamare. Fort de ces imitatives, S3A Telecom caresse même un objectif de 15 à 20M€ de CA d'ici quatre ou cinq exercices.
De la croissance externe?
Cette ambition pourrait d'ailleurs être atteinte via de nouvelles opérations de croissance externe. Fort de la reprise et du redressement de S3A Telecom, le premier qu'elle a mené (LSB et Soneg étaient des créations d'entreprises), Vara pourrait de nouveau se montrer offensive. «Nous étudions déjà des dossiers», révèle Arnaud Delamare. S3A n'aura donc pas mis longtemps pour repartir de l'avant.
Liquidé à la fin 2008, l'installateur rezéen de câblage informatique S3A Telecom renaît. Repris par la holding Vara et totalement reconfiguré, il compte renouer avec l'équilibre dès cette année et vise les 10M€ de CA à l'horizon 2010 grâce à une stratégie de diversification.