«Les fondateurs de Ryb, en 1962, étaient déjà des précurseurs qui se sont distingués avec l'arrivée des matériaux plastiques dans les applications BTP», rappelle Marc-Antoine Blin, qui a repris l'entreprise en 2005 après une LMBO réalisée avec un autre cadre de la société, Bernard Vinoy. Après cinquante ans d'existence, le fabricant de canalisations Ryb se singularise encore par sa capacité à innover. L'industrialisation et la mise sur le marché de son "Équipement de localisation et d'identification des ouvrages en terre", Eliot, marque un nouveau tournant dans la destinée de l'entreprise. Cette technologie, développée depuis 2008 en partenariat avec le laboratoire de recherche grenoblois CEA-Leti, a été testée en 2011 sur une dizaine de chantiers. «Nous avons imaginé et trouvé un moyen de rendre les ouvrages enterrés détectables par l'adjonction d'une puce», résume Marc-Antoine Blin. Cette découverte concerne l'ensemble des produits utilisés pour l'installation de canalisations et de réseaux. Elle marque l'entrée dans l'ère des réseaux communicants, capables d'embarquer l'information et de la restituer dans les systèmes des clients.
S'affranchir du sol
L'élaboration d'Eliot résulte d'un lourd travail collaboratif, réalisé au plus près du marché et des clients du fabricant. Ce sont les grands groupes du génie civil (GDF Suez, Véolia, Saur), des groupes de construction (Vinci, Eiffage) et des distributeurs spécialisés dans les produits pour le BTP. À l'arrivée, cette brique technologique «permet de s'affranchir du sol et de communiquer des données dans toutes les conditions d'enfouissement, et en présence ou non d'un courant vagabond», insiste le dirigeant. Les marqueurs électroniques peuvent être posés sur n'importe quelle canalisation ou alors c'est la canalisation elle-même, qui dès sa fabrication incorpore des tags RFID. Les données sont ensuite récoltées via un boîtier électronique.
Entièrement conçu en France
«Nous devenons conseil industriel en matière de transfert de technologie», constate Marc-Antoine Blin. Ryb assure en effet l'intégration vers les systèmes d'information de ses clients. La partie logicielle est développée en partenariat avec une SSII française. «Pour nous, il est important de porter une innovation entièrement conçue en France. Les compétences sont autour de nous. Ce n'est pas une question de coûts». Eliot fait l'objet d'une dizaine de brevets internationaux. «L'excellent accueil du marché français préfigure-t-il un succès commercial? Ryb a pour ambition de conquérir le marché français et international, quel que soit le domaine d'application: eau, gaz ou télécoms. «Notre potentiel de croissance international est important», estime le dirigeant. Il souhaite dépasser les 15% à l'export que l'entreprise réalise aujourd'hui et les 100M€ de chiffre d'affaires d'ici à cinq ans. Ryb a consacré plusieurs millions d'euros dans la recherche et le développement d'Eliot. L'entreprise a largement profité du Crédit impôt recherche pour porter son innovation. Les équipements spécifiques de la chaîne de fabrication dédiée s'élèvent, quant à eux, à 2M€.
Cinq pôles
Depuis la reprise par ses salariés en 2005, l'entreprise n'a jamais cessé d'investir et de se structurer. Partie d'une mono activité, le BTP réseau, elle est organisée aujourd'hui en cinq pôles: les travaux publics et réseaux, l'industrie, le drainage et géocomposites, le bâtiment et énergies renouvelables et enfin, l'irrigation. Dans les années 2000, les métiers de l'eau ont été les plus porteurs en raison de la vétusté du réseau français dont le remplacement s'imposait. L'entreprise s'est fortement développée sur ce segment de sorte que, pour répondre à ses besoins, elle s'est rapprochée en 2009 de son concurrent néerlandais Wavin, leader mondial de la plasturgie, qui possédait un important site de production à Sully-sur-Loire (45). Ryb a fini par le racheter entièrement en 2012, y compris l'entité Kulker, s'ouvrant les portes du PVC et de l'assainissement, de l'irrigation, des géocomposites, de l'export, doublant sa capacité de production et maillant le territoire. L'activité BatENR a été quant à elle lancée en 2007 pour imposer en quelques années ses systèmes de captage géothermiques. «Une croissance externe entièrement autofinancée», insiste le dirigeant. En interne, ce sont plus de 20M€ que l'entreprise a investi dans la modernisation de son outil de production: une condition de pérennité - avec l'innovation - «dans un milieu ultraconcurrentiel»
RYB
(Saint-Etienne-de-Saint- Geoirs) Pdt: Marc-Antoine Blin 200 salariés CA2011: 80M€ 04 76 93 43 43 www.ryb.fr