Afin d'éviter la case chômage aux joueurs de rugby amateurs et professionnels, William Botteldoorn a créé un site qui met en relation joueurs, entraîneurs et clubs.
Le créateur
Avec vingt ans de pratique du rugby à son actif, William Botteldoorn connaît bien le monde de l'ovalie. C'est dans le Gers, là où il est né, qu'il fait ses premières armes. Il commence à jouer dans l'équipe de Fleurance pour finir dans celle de Lombez-Samatan. En parallèle, il occupe la fonction de commercial dans plusieurs sociétés avant de se fixer dans un cabinet financier de rachat de crédit.
L'idée
Depuis près de quinze ans, William Botteldoorn a l'idée d'aider les joueurs de tous niveaux qui, confrontés à des accidents de la vie, sont obligés d'abandonner le rugby, souvent seule source de revenus. «J'ai trop souvent vu des joueurs blessés qui, n'ayant pas de profession à côté, perdent tout», explique-t-il. De plus, depuis 2005, le Top 16 devenu Top 14, près de 50 joueurs se sont retrouvés en Pro D2, poussant de facto un nombre plus important de joueurs en Fédérale 1, le niveau inférieur. Et laissant aussi au passage quelques-uns d'entre eux sur la touche... En août2007, au moment de la coupe du monde, l'idée est mûre et bien cadrée, il peut lancer le premier site qui met en relation joueurs, entraîneurs et clubs. Après s'être inscrits gratuitement sur rugby-horyson.com, ils peuvent passer leur annonce.
Le
concept
Aujourd'hui plus de 650 joueurs (dont 12 à 15% de professionnels), 330 clubs et près de 100 entraîneurs sont inscrits. «Ce n'est pas un site agent. C'est le club et le joueur qui entrent directement en contact, sans intermédiaire», explique-t-il. En plus de cette mise en relation, le site propose un annuaire de tous les clubs français (soit 1.875 équipes dont 30 professionnelles) regroupés en 27 comités régionaux. La place est également donnée aux arbitres, interviewés sur les nouvelles règles par Philippe Benetton, commentateur sur Eurosport.
Les atouts
En plus d'être «l'ANPE du rugby», William Botteldoorn est équipementier. Il vend sa marque Rugby Horyson Equipment et distribue la marque néo-zélandaise Canterbury auprès des clubs de Fédérale 1 et Pro D2. «Une quinzaine de joueurs d'élite 1 sont habillés en Canterbury par Rugby Horyson», se réjouit-il. De plus, l'année dernière, il a lancé le kit Premium (maillot, short et chaussettes unis estampillés du blason du club) et le kit Millenium (le club peut personnaliser maillots, shorts et chaussettes), tous deux à moins de 50€. «Nous voulions toucher les petits clubs qui n'ont pas beaucoup de budget. En 2007, nous avons équipé une cinquantaine de clubs», poursuit-il.
Les perspectives
«Que des joueurs restés sur le carreau trouvent des clubs amateurs, telle est ma priorité», assure William Botteldoorn. «Il y a des joueurs professionnels qui arrivent en fin de carrière et qui feront le bonheur d'un club de Fédérale 1, 2 ou 3. Grâce au site, environ 43% de joueurs ont trouvé un club cette année», poursuit-il. En février, les joueuses auront aussi accès au site. Il souhaite également développer son activité d'équipementier
. «Environ 200 clubs ont montré un intérêt pour notre offre. Cela représente 12% du marché. Il s'agit pour nous d'équiper à terme tous les clubs amateurs», explique William Botteldoorn. Pour ce faire, en septembre, il pense embaucher une dizaine de commerciaux. «L'ancien ailier du Stade toulousain, David Berty est venu me solliciter. À l'époque, il jouait dans le Top 16 et du jour au lendemain il avait quitté la compétition sans raison apparente. Il m'a alors expliqué qu'il était atteint de la sclérose en plaques». Touché par l'histoire de ce joueur, William Bottledoorn décide de s'impliquer dans cette cause. Fin juin, quand la saison sera terminée, il prévoit d'organiser un événement pour sensibiliser les joueurs et les entreprises à la reconversion et à la maladie. Lors de cette manifestation, aura lieu notamment une vente aux enchères de maillots de joueurs professionnels.
www.rugby-horyson.com