RSE : Ils en font, ils en parlent...
# Conjoncture

RSE : Ils en font, ils en parlent...

Le World Forum réunira de grandes firmes et pointures internationales les 14, 15 et 16 novembre prochains à Lille. Le Journal des entreprises a voulu en savoir plus sur cette fameuse «Responsabilité sociale des entreprises»: est-elle appliquée dans la région? Comment les PME la vivent-elles au quotidien?

La responsabilité sociétale (ou sociale) et environnementale, cette fameuse «RSE» dont tout le monde parle, n'est pas l'apanage des grandes firmes mondiales. Dans la région qui accueille chaque année le World Forum, des patrons de PME l'appliquent au quotidien dans leur gestion. Les conférences sur le thème foisonnent: conférence-débat sur «l'entreprise responsable» pour l'ouverture du cabinet Cornet-Vincent-Ségurel Associés à Lille le mois dernier, 3e colloque de l'Institut français des experts-comptables et commissaires aux comptes (Ifec) le 25 septembre, conférence sur «le pouvoir de l'argent autrement» à l'IEP de Lille le 11 octobre, etc. Les occasions d'en témoigner se multiplient. Tour d'horizon (non exhaustif) de PME nordistes qui font bouger les lignes.




Groupe Casaque: bien-être des salariés et du monde Leader régional du cadeau promotionnel, basé à Villeneuve-d'Ascq, le groupe Casaque importe 40 millions de pièces à un prix moyen d'1,50€ et 10.000échantillons par an, produits à 95% en Asie. Pour éviter le gaspillage, l'entreprise les vend à travers des braderies organisées par l'association Solidarikid's, qui récolte les fonds au profit de projets altruistes dans les pays de production comme en Inde. Pour ses 180salariés de dix nationalités différentes et à 80% des femmes, l'entreprise nordiste a conçu son siège comme un «village créatif» HQE et Iso 14001, avec espace de détente, salle de sport, conciergerie... Pour son P-dg Frédéric Delloye, associé à Jérôme Descamps, «l'homme est la principale ressource et donc le principal bénéficiaire». L'épanouissement au travail est tellement important à leurs yeux qu'ils organisent une journée du bien-être au sein même de l'entreprise.

Marco Emballages: l'encre à l'eau et le covoiturage Transféré dans le Solesmois, l'atelier lillois de Marco Emballages qui fabrique des sacs à pain et serviettes en papier utilise des encres à l'eau et a abandonné le paraffinage issu du pétrole lors de son déménagement. Ce qui ne l'a pas empêché de décrocher un marché en Belgique (son premier) auprès d'un meunier, «en jouant la carte du développement durable», se félicite Nicolas Goddyn. «Nous avons trouvé un papier pour remplacer l'aspect paraffiné dont les Belges sont friands.» Par ailleurs, la société a mis en place un véhicule pour que ses salariés lillois fassent du covoiturage pour venir travailler. Résultat: tout le monde a suivi le transfert. «Repartir de zéro alors que nous avons des salariés qui ont 25ans d'ancienneté, c'était la mort assurée de l'entreprise!», lance le jeune entrepreneur soulagé.

Cornet-Vincent-Ségurel Associés: en avant! «Nous souhaitons nous-mêmes s'engager dans une démarche RSE. Ce qui est novateur pour un cabinet d'avocats. Non pas pour souscrire à une mode, mais nous considérons que nous sommes une maison de 40ans qui fait vivre 120personnes sur quatre sites en France, ce qui nous rend légitimes à participer à ce grand débat et au progrès économique et social, ainsi qu'à échanger sur des projets de société pour demain. Nous ne serons pas de meilleurs juristes, mais de meilleurs entrepreneurs!», confient Joël Cornet et Nicolas de la Taste, à la tête du cabinet.

Leroy Merlin: co-construire

Sans langue de bois, Pascal Malfoy, DG délégué de Leroy Merlin
n'a «pas l'impression d'être dans une entreprise Oui-Oui, mais dans une entreprise où il fait bon vivre», tout simplement. Chez le leader nordiste du bricolage, la RSE se traduit à tous les étages. L'enseigne co-construit ses gammes avec ses collaborateurs, mais aussi ses clients, fournisseurs et partenaires artisans. «Ils alimentent nos stratégies.» Idées et innovations remontent de partout. Les salariés ont aussi carte blanche pour voyager dans le monde à la découverte de nouvelles cultures et donc de nouveaux concepts. Sans parler du mode managérial complètement décloisonné pour imaginer une vision commune à cinq ans. Le «nous» doit toujours primer sur le «je».

Frédéric Motte: à la tête de Cèdres Industrie et du Ceser «Nous sommes à un tournant», selon Frédéric Motte pour qui la RSE donnera un avantage concurrentiel certain à celui qui la pratique de manière honnête. Faire du business et être philanthrope ne s'opposent pas. «Entre le discours et les faits, le retour à la réalité est parfois violent. En France, nous avons encore du mal à marier les deux...» Encore un effort!

Géry Bertrande

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