Bordeaux
Route sans voiture, stade sans public, LGV sans train
Bordeaux # Conjoncture

Route sans voiture, stade sans public, LGV sans train

— Photo : Le Journal des Entreprises

Les PPP ont-ils connu leur heure de gloire ? Depuis une décennie, nos élus ont signé ces contrats à tour de bras. On comprend bien pourquoi : le privé réalise en des temps records et avec une parfaite maîtrise technique des infrastructures que le public n'a plus les moyens de financer. Mais certains exemples récents pourraient changer la donne. Alienor, concessionnaire de l'A65 qui relie Pau à Langon, traîne une dette cumulée supérieure à 100 millions d'euros. Sans compter l'emprunt de 900 millions d'euros contracté auprès des banques. SBA, qui exploite le Matmut Atlantique, dispose de 30 ans pour rembourser sa mise départ, soit 88 millions d'euros (sur un total de 183 M€). Mais le montant du naming a été bradé et on attend encore l'annonce de grands événements hors football. Quant aux Girondins, qui ont déboursé 20 M?, puis verseront un loyer de 3,8 millions d'euros par an, ils jouent régulièrement dans une enceinte qui sonne creux. Est-ce la vue d'une autoroute sans voiture et d'un stade sans spectateur qui fait craindre à Lisea une LGV Tours-Bordeaux sans train ? Le concessionnaire de la ligne à grande vitesse qui doit mettre Paris à 2h de Bordeaux doit impérativement faire passer au minimum 19 allers-retours par jour pour assurer l'équilibre de ses comptes grâce aux droits de péages. SNCF en annonce 16,5 à ce jour. Ces trois exemples démontrent que le public sait se montrer habile pour lancer des projets sans en assurer le risque financier. Et qu'il ne faut jamais prendre à la légère le risque de défaillance de l'exploitant, qui aurait des conséquences catastrophiques pour le contribuable. Ils mettent également en lumière une question centrale : n'a-t-on pas vu trop grand ?

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