« Un joyau dans son écrin ». C'est par ces mots que Daniel Havis, P-dg de la Matmut, décrit avec admiration le projet de palais des congrès de sa mutuelle d'assurance. Prévu pour le second semestre 2018, le projet a pris du retard en raison d'une déconstruction de certains bâtiments plus longue que prévu : « Un an au lieu de trois mois, pour cause de mérule, et autres problèmes de plomb ou amiante », précise Laurent Le Bouëtté, architecte associé du cabinet Artefact, en charge du projet avec l'agence Wilmotte. Ce futur lieu incontournable de la métropole rouennaise proposera une salle de congrès multi-usages et de « grand confort », promet l'architecte. Semi enterré, l'amphithéâtre permettra non seulement d'accueillir des congrès avec une capacité modulable jusqu'à 800 places et un balcon, mais également pourra devenir lieu de séminaires ou d'exposition. Dotée d'un monte-charge, la salle permettra notamment d'accueillir des manifestations automobiles.
80 millions d'euros
C'est l'impressionnant coût total du projet Matmut, le double de celui prévu au départ du projet et qui couvrira une surface de plancher de 39.190 m². À ce propos, Daniel Havis se veut rassurant mais ferme sur sa démarche : « J'espère un retour sur investissement. Ce n'est pas de la philanthropie. On n'est pas tombé sur la tête et on ne fait pas un cadeau à Rouen ! Ce qui a rallongé et augmenté le coût du projet ce sont les choix d'options que nous avons pris comme celui de la plate-forme logistique enterrée. C'est coûteux mais c'est un choix que j'ai exigé pour l'exploitation et l'agrément du site. C'est un investissement qu'il faut recadrer par rapport aux capacités de notre mutuelle qui dispose de quatre milliards de fonds sous placement ». Et parmi ces quatre milliards, 15 % sont dédiés à l'investissement immobilier avec une part prépondérante pour Rouen, ville dans laquelle la mutuelle est l'un des plus gros investisseurs immobiliers, avec notamment son siège pour lequel elle a investi 70 M€ pour une extension de 20.000 m² finalisée en 2010.
Un site multi-usages
Pour ce prix de 80 M€, le projet de palais des congrès installé sur le site de l'ancienne école normale d'institutrices, bordant la route de Neufchâtel à Rouen, ne se contente pas d'une salle de congrès. Il comprend également un hôtel 4 ou 5 étoiles (ce n'est pas encore finalisé) de 120 chambres avec services à la carte, lounge et spa de luxe ainsi qu'un bar panoramique. Un restaurant « étoilé » est aussi au programme avec pour ce dernier la forte probabilité qu'un restaurateur rouennais déjà étoilé soit aux commandes. Peut-être le chef Gilles Tournadre, deux étoiles au Guide Michelin ? Une possibilité non confirmée officiellement par la direction de la Matmut. Le parking n'est pas oublié et 500 places sont prévues, en sous-sol. Et pour ce qui est de la gestion du site, Daniel Havis affirme que ce n'est pas l'Office du tourisme de Rouen qui sera en charge mais une structure intégrée au palais des congrès.
Deux autres projets
Boulimique d'immobilier, la Matmut se lance dans un projet d'immeuble de bureaux situé face à son siège de la rue de Sotteville à Rouen. Un projet inédit sur l'agglomération rouennaise puisqu'il vise la certification Passivhaus, soit 120 kWh/m²/an d'énergie consommée sur l'ensemble du bâtiment de 17.500 m² dont 15 kWh/m²/an pour le chauffage et 15 kWh/m²/an pour la climatisation. D'un montant de 45 M€, la livraison du bâtiment est prévue en août 2017 et sa finalité non encore déterminée, Daniel Havis se donnant encore : « Un an pour décider d'en faire un immeuble de bureaux pour entreprises ou une extension de notre siège ». Enfin, la Matmut a également lancé son second immeuble dans le quartier Luciline de Rouen, le Vauban 2 pour un montant de 16 M€ et qui devrait voir l'installation du siège de Vinci sur 4.600 m² ainsi que la création de 44 logements d'habitation pour une livraison en janvier 2017.
Sébastien Colle
www.matmut.fr
Entièrement financé par la Matmut sur ses fonds d'investissements immobilier, le futur palais des congrès en construction sur le site de l'ancienne école normale d'institutrice de Rouen doit doter la métropole d'un nouvel équipement stratégique en matière d'économie et d'image.