En réponse au «Livre Blanc» présenté par les milieux économiques locaux qui s'inquiétaient de la possible fermeture des quais bas rive gauche à la circulation, Valérie Fourneyron avait prévenue fin mai: «à termes, les quais seront sans poids lourds». La décision, finalement, n'aura pas traîné. En présentant le 7juin dernier le projet du lauréat du concours pour l'aménagement de cette zone, la ville a de facto entériné son choix.
Verdure et atmosphère portuaire
Le groupement emmené par le cabinet d'architecte-paysagiste In-Situ, qui porte notamment à son bilan l'aménagement de 5km de berges (10ha) à Lyon, propose en accord avec le cahier des charges dressé par la ville de transformer un espace aujourd'hui plus connu pour être un parking à ciel ouvert qu'un lieu de promenade prisé des Rouennais. Depuis les fenêtres du Conseil Général jusqu'au pont Guillaume-le-Conquérant, l'aménageur propose une réappropriation des berges à l'usage des piétons en trois espaces délimités par les ponts qui enjambent la Seine. Un espace de verdure («la prairie Saint-Sever») en amont du pont Boëldieu, prolongé par un jardin «verdoyant et intimiste» jusqu'au pont Jeanne d'Arc, ouvert sur «un espace plus minéral et très ouvert» censé rappeler l'atmosphère portuaire de la ville. Flanqué entre, d'une part le futur eco-quartier Flaubert et, d'autre part, la future gare Saint-Sever, le périmètre concerné devrait subir dès juin2012 les premiers effets d'un lifting estimé à 18M€ et prévu pour s'achever en 2013. «Jusque-là, nous sommes en phase de concertation et d'échanges», assure Valérie Fourneyron qui reste néanmoins ferme sur la question de la circulation: «notre volonté est de sortir les poids lourds du centre-ville de Rouen». Une circulation «beaucoup trop contraignante aujourd'hui», juge l'élu qui annonce que des études vont être menées par les gestionnaires de voirie (l'État, le port...) qui porteront notamment sur les conséquences économiques de ce choix.
Le Livre Blanc des milieux économiques
Dans un document publié en mai, la CCI de Rouen et ses partenaires (UPR, CNPT et Chambre d'agriculture de Seine-Maritime) fustigeait, outre un manque de concertation sur le sujet, «l'asphyxie programmée de l'agglomération rouennaise» et les «conséquences prévisibles de la remise en cause du schéma de circulation des poids lourds» sur les quais bas de la rive gauche. Pour l'heure, les auteurs du Livre Blanc n'ont pas réagi officiellement à la présentation du projet retenu par la mairie. Le financement du projet doit être assuré conjointement par la ville (à hauteur de 4M€), le département, la Crea et le Feder dont le montant de l'engagement doit être finalisé sous peu.
Guillaume Ducable
En retenant le projet de l'agence In Situ, la ville de Rouen entérine la fin du trafic des poids lourds sur les quais bas de la rive gauche.