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ous présidez depuis un an et demi l'association Normandie Web Xperts (#NWX) qui réunit l'essentiel des acteurs rouennais du web. Peut-on parler aujourd'hui d'un véritable « écosystème » ?
S'agissant de #NWX, le terme de « groupement d'entreprises » me paraît plus juste que celui d'association. Cela correspond mieux à notre évolution. Nous regroupons des entreprises du numérique et plus spécifiquement du web : à l'origine nous étions très teintés « e-commerce ». Aujourd'hui le panel est beaucoup plus large. #NWX regroupe à l'heure actuelle une soixantaine d'entreprises de toutes tailles, de la TPE à des groupes comme Orange ou encore ERDF.
Et qu'est-ce que #NWX apporte à ses membres ?
Notre objectif est de leur apporter de la visibilité au-delà de Rouen. C'est pour ça que nous assurons une présence à l'international à nos membres à travers toute une série d'événements comme le salon E-commerce de Paris ou encore le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas. Notre second cheval de bataille, c'est la formation : nous nouons actuellement des partenariats avec les écoles locales telles que le Cesi et prochainement l'Insa. C'est indispensable car nous avons globalement des problèmes de recrutement. Les techniques et les usages d'aujourd'hui sont déjà obsolètes... Nous intervenons dans des métiers où il faut savoir être très réactif. Nous sommes des sociétés de services qui recrutons sur des profils très techniques et très diplômés.
Vous vous êtes également rapprochés dernièrement des industriels régionaux. Quel est l'enjeu pour les start-up que vous représentez ?
Le numérique
est par essence transversal. Par rapport aux industries locales, nous souffrons d'un manque de communication. Aujourd'hui, il faut leur présenter ce que nous faisons et surtout casser les barrières : le monde des start-up fonctionne sur des développements de projets sur des temps courts. On a besoin que ça aille vite. Je pense qu'aujourd'hui les industriels comprennent que l'on peut les aider sur les analyses de données ou encore les moyens de communication digitaux.
Quel est votre sentiment à propos du label French Tech pour lequel Caen, Rouen et Le Havre candidatent ?
La démarche est intéressante. Identifier qui fait quoi, mettre la lumière sur les entreprises locales... Le bémol, c'est de savoir comment tout cela sera articulé et surtout comment seront utilisés les fonds alloués. À ce stade nous n'avons pas de certitudes à ce sujet.
Que manque-t-il aux start-up locales du numérique pour franchir le prochain palier ?
Aujourd'hui #NWX n'est qu'un maillon de la chaîne
. Nous nous sommes structurés dans les bâtiments de Seine-Innopolis avec le soutien de la Métropole et de la Région Haute-Normandie. Mais maintenant il faut aller plus loin. Et le problème c'est que nous manquons de leviers financiers pour accélérer le développement de nos start-up. L'écosystème local sera viable à partir du moment où les acteurs privés mettront des fonds dans ces start-up locales en développement. Il faut repenser la manière dont on voit les start-up du numérique en France. Sinon elles continueront d'aller se financer aux États-Unis.
Propos recueillis par Guillaume Ducable
Président de Normandie Web Xperts (#NWX) et dirigeant fondateur de Powertrafic, Romain Prat observe l'éclosion d'un « écosystème » auquel il ne manque que des moyens financiers pour assurer le développement des start-up locales.