Revitalisation : Vivendi investit le pays de Ploërmel
# Conjoncture

Revitalisation : Vivendi investit le pays de Ploërmel

Pas question de laisser tomber Ploërmel. Face à un taux de chômage qui enfle, Vivendi est appelé à la rescousse pour aider les TPE et PME locales.

La mission a débuté le 1eroctobre. Vivendi va investir 1,5M€ pour épauler les entreprises du bassin de Ploërmel. Avec un effet de levier de près de 5M€. Celui-ci sera rendu possible par les actions conjuguées du Crédit Mutuel et de Géris, cabinet de consultants basé à Neuilly-sur-Seine qui, du coup, s'implante localement. À travers cette mission de revitalisation, qui prend le relais des initiatives antérieures, au moins 150 salariés devraient être embauchés d'ici au 30septembre 2012, avec un suivi d'un an après cette date.




Vide laissé par MPAP

L'objectif est notamment d'atténuer les effets de la restructuration de la MPAP. Un plan de suppression de 123 postes y a abouti à 82 départs volontaires et 40 licenciements. «Entre2007 et2009, le taux de chômage a progressé de 30% à Ploërmel, voire de 40% sur certaines catégories de population. Passer de 4,5 à 6,7% n'est pas acceptable. Nous irons chercher l'emploi comme nous sommes allés chercher le dossier Vivendi: avec les dents», lance François Guéant, directeur de la maison pour l'emploi de Ploërmel et fils de Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée. Mais l'aide d'un colosse comme Vivendi, prévoyant un chiffre d'affaires de près de 14Md€ au premier semestre 2010, est loin d'être gratuite.




Donnant donnant

Le groupe n'a accepté de se lancer dans des missions de revitalisation qu'en contrepartie d'un bénéfice fiscal avantageux. Accordé en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Économie, ce régime dit du ?bénéfice mondial consolidé? permet à Vivendi de regrouper l'ensemble des résultats de ses sociétés françaises et étrangères, y compris ses filiales détenues seulement à 50%, pour le calcul de son impôt sur les bénéfices. D'après ?La Tribune?, Vivendi reçoit chaque année à ce titre du Trésor public près d'un demi-milliard d'euros, soit son deuxième foyer de rentrées financières après sa filiale SFR. Ce régime fiscal pourrait ne pas être renouvelé après 2011. D'ici là, Vivendi poursuit son effort de revitalisation. «Sur sept bassins d'emplois nationaux, nous avons réévalué notre objectif de 1.500 créations à 2.800 postes», souligne Dominique Welcomme, directeur du développement social chez Vivendi. «Fin juin, la dernière enquête emploi tablait sur 5.000 emplois validés programmés incluant 3.700 créations effectives. Au total, de 2005 à 2009, nous avons investi 27M€ à travers onze missions.» Une somme importante mais qui peut paraître dérisoire comparée aux 435M€ perçus par Vivendi rien qu'en 2009, au titre du ?bénéfice mondial consolidé ?...

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