Afin de favoriser les partages de bonnes pratiques, les entreprises alsaciennes déjà utilisatrices de la propriété industrielle (PI) ont lancé en début d'année ResPI Alsace, le club des responsables PI, avec le soutien de la délégation régionale de l'institut national de la propriété industrielle (INPI) et de la CCI Alsace. Une première rencontre s'est tenue en février chez Gébo-Cermex, sur le thème des inventions de salariés, et une seconde réunion consacrée aux litiges de PI a été organisée en juin chez Soprema autour d'un noyau d'une vingtaine de membres, dont les principaux déposants de brevets de la région : Hager, Gebo-Cermex ou encore Soprema... Prochaine date le 15 octobre chez Kuhn, sur: comment intégrer la PI dans un processus d'innovation.
Un outil de diffusion de la culture PI
« Environ trois réunions d'échanges d'expérience seront organisées par an. Elles se tiennent au sein des entreprises du réseau », explique Philippe Borne, délégué régional de l'INPI. Un ou deux membres introduisent un thème autour d'un cas vécu puis s'ensuit une discussion avec les participants. Des documents sont ensuite mis à disposition sur une plateforme web dédiée aux membres. La participation a ces réunions est gratuite. « Le club est ouvert à toute entreprise qui utilise régulièrement la PI ou qui s'y intéresserait », ajoute le responsable. Si elle a été à l'initiative de ce projet, l'INPI ne veut pas se positionner en chef de file, « plutôt en catalyseur, en support logistique. Les entreprises se sont appropriées la démarche et l'ont adapté à leurs besoins dans un sens collaboratif. C'est un bon moyen de diffuser la culture PI dans les PME. Les témoignages d'industriels font plus mouche que des avis d'experts », estime Philippe Borne. L'Alsace est la seule région qui dispose désormais d'un tel club réunissant uniquement des entreprises sans prestataires de la PI.
Terreau favorable
La région représente un terreau favorable. C'est à Strasbourg qu'est formé l'ensemble des avocats conseils en brevets, au sein du CEIPI, le centre d'études internationales de la PI. « C'est aussi une région à forte densité industrielle où les entreprises sont déjà bien sensibilisées aux problématiques de PI », estime Philippe Borne. D'autres espaces d'échanges ont déjà été mis en place dans la région sur cette thématique, comme les rencontres PROPIAL, organisées conjointement par l'INPI, l'IEEPI et la CCI Alsace. « Notre objectif est de renforcer la place de Strasbourg en tant que lieu spécifique de la PI, de sensibiliser encore plus les PME de la région à son intérêt et de faire de l'INPI Alsace le hub de la PI et du dépôt de brevets en France », annonce Philippe Borne, qui aimerait aussi élargir les échanges de part et d'autre de la frontière avec nos voisins allemands.
Adelise Foucault
Réseau Le club ResPI Alsace est un nouveau lieu d'échange d'expériences dédié aux entreprises de la région sensibles aux questions de propriété industrielle.