Reprise.Conclure au plus vite pour devancer la rigueur

Reprise.Conclure au plus vite pour devancer la rigueur

La rigueur budgétaire menace: Jean-Marie Catabelle, président du Club des repreneurs d'affaires, incite donc les repreneurs à finaliser rapidement leurs dossiers.

J


ean-Marie Catabelle, quel est l'état actuel du marché de la reprise d'entreprise?

Au pire de la crise, en 2009, nous avons observé une baisse de 20% des transactions. Cette chute s'était réduite à 10% l'an passé. Et depuis le début de cette année, nous observons un frémissement des projets de cession et de reprise. Notre association devrait ainsi contribuer à la réalisation de 280 cessions cette année, soit 10% de plus qu'en 2010. L'effet de la crise, qui avait perturbé les valorisations des entreprises et leur visibilité, s'estompe.


La crise a-t-elle aussi joué sur le nombre des repreneurs?

Elle a contribué à grossir leurs rangs. Beaucoup de cadres ont fait les frais de plans sociaux et se sont retrouvés sur le marché avec l'envie d'entreprendre, d'autant plus que des secteurs ont continué d'offrir des belles perspectives, à l'image des énergies renouvelables, du service à la personne ou encore de l'environnement. Depuis le troisième trimestre 2010, le nombre des candidats reste cependant stationnaire, en raison de la diminution du nombre de ces plans.


Ce frémissement du marché est-il menacé par les probables plans d'austérité qui devraient sévir prochainement en Europe?

C'est en effet une menace. Nous disons aux repreneurs qu'il ne faut pas tarder à conclure des dossiers et profiter de l'embellie. Celle-ci devrait en effet faire les frais des programmes défendus lors de la présidentielle. Ils marqueront très vraisemblablement la réduction des dispositifs fiscaux d'incitation à la reprise.


Mais quel est le véritable état du marché? On dit souvent que 50.000 à 60.000 entreprises peuvent changer de main chaque année...

Ce chiffre ne reflète pas les réelles opportunités. Si l'on y retranche les entreprises qui comptent d'un à cinq salariés, on se retrouve plus que 16.000 affaires de cinq à cent salariés. Et sur celles-ci, environ 6.000 seront transmises dans le cadre familial ou à leurs salariés. 2.000 autres cesseront leur activité. Au final, environ 5.000 à 6.000 entreprises constituent de réelles cibles pour les repreneurs.


2.000 entreprises disparaissent chaque année, pourquoi?

Souvent parce que leur dirigeant n'a pas anticipé la cession. Il faut réfléchir au processus entre deux et quatre ans avant sa réalisation. Ou qu'il a été rebuté par la difficulté fiscale et légale du processus, qui est notamment très compliqué si le cédant n'est pas propriétaire à 100% de son entreprise. Si l'on considère que ces entreprises emploient en moyenne sept salariés, le poids sur l'économie française n'est pas moindre.


Comment faire alors pour faciliter les cessions?

Il faudrait que le gouvernement simplifie les dispositifs, qui rebutent les cédants, et les assouplisse, notamment sur le plan fiscal. Si on n'y prend pas garde, on peut prendre 3% d'impôts supplémentaires sur une cession. Nous souhaiterions aussi que l'État mette en place un système de labellisation des «bons repreneurs» afin de rassurer les cédant.

un trophée de

s reprises
Le CRA organise son cinquième trophée de la reprise. Ouvert aux repreneurs ayant repris il y a plus de deux ans une PME de cinq à 100 salariés, il récompense les meilleures mises en oeuvre et développements, avec un prix de 10.000 € à la clé. Dossier à retirer sur le site www.cra.asso.fr