Le CEPI a quitté en juin dernier le giron de la CCI Hauts-de-France pour voler de ses propres ailes. Basé à Marcq-en-Barœul (Nord), l’organisme de formation est repris par un collectif de 38 entrepreneurs français. Devenu entreprise privée après 25 ans d’actionnariat institutionnel, le CEPI (12 salariés) dévoile une nouvelle feuille de route. Objectif premier : redresser la barre, la reprise ayant eu lieu dans le cadre d’un redressement judiciaire, intervenu début 2025.
Un apport de 500 000 euros
Ces 38 entrepreneurs injectent près de 500 000 euros pour donner un nouvel élan à l’institution fondée en 1953, qui forme chaque année près de 2 000 dirigeants et cadres de PME et ETI. "C’est un apport considérable", mesure Ludovic Dewavrin, président du CEPI. Parmi les actionnaires, figurent des entrepreneurs régionaux emblématiques comme Fabien Derville (Auchan), Franck Duriez (Blancheporte), Alexis Devillers (Alive), Thierry Mulliez (Association Familiale Mulliez), ou encore Céline Hocquet (ex Metarom).
Sauvés par ces alumni
Ils ont presque tous suivi un jour le programme CPA France, un "MBA" à la française porté par CEPI. Ils souhaitent repositionner l’offre, afin de sauver cette formation qui les a marqués. "J’ai fait le CPA en 2000 et mon entreprise a ensuite multiplié son activité par dix", souligne Christophe Desmettre, directeur général de Demex, à Lezennes (Nord), une entreprise de mise en marché de fruits et légumes régionaux frais. "Mes collaborateurs clés sont passés par le CPA et le CEPI. Et ce parcours les a transformés en intrapreneurs, ultra-performants", témoigne Alexis Devillers, fondateur et dirigeant du groupe nordiste d’événementiel Alive. "Le CPA a changé ma vie. Avant, on faisait l’armée. Aujourd’hui, le CPA est ce temps fort dans une vie de dirigeant, une étape structurante, presque initiatique", renchérit Fabien Derville, président d’Auchan, qui a suivi le CPA en 1999.
Les nouveautés
Le CEPI propose trois parcours : CPA pour dirigeants, cursus pour cadres dirigeants, et formations pour managers. Parmi les nouveautés, il a développé un outil de diagnostic en ligne, pour mesurer la performance des dirigeants et de leur entreprise. L’étape suivante sera le lancement d’un Observatoire de la Performance Globale et Durable des entreprises, courant octobre. Du côté du CPA, il annonce revenir aux fondamentaux : "la formation des dirigeants par les dirigeants", souligne Bernard Gaillot, président du CPA France. Le tout accompagné par une extension géographique : présent à Lille, Lyon, Nantes, Toulouse, le CPA ouvrira à Casablanca début 2026.
Une croissance rentable en 2026
2024 aura été une année difficile, avec "des choix moins porteurs et des projets qui n’ont pas abouti", note le président du CEPI. Le tout couplé au départ de deux salariés "que nous n’avons pas eu les moyens de remplacer. Cela a représenté une importante perte de chiffre d’affaires, face à des coûts de structure qui se sont maintenus", renchérit Martin Watrelot, le directeur général. Grâce au soutien du collectif, le CEPI va recruter trois salariés supplémentaires et compte franchir à nouveau le seuil des 2 000 personnes formées en 2026. Il vise alors un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, tout en étant rentable.