Les artisans sont sur le pied de guerre. Ils protestent contre le projet de loi du gouvernement qui vise à instituer une représentation collective du personnel dans les TPE. Pour l'instant, le projet a été retoqué début juillet. Mais Artisans de notre avenir (ADNA), présidée au niveau départemental par Christian Pinel, demande le retrait du projet. «Il obligera les artisans à s'en remettre à des salariés extérieurs n'appartenant pas à l'entreprise, pour la représentation de leur propre personnel!», s'insurge le président pour qui le dialogue social existe déjà de fait dans les TPE.
«Assez grands pour régler nos problèmes!»
«Le dialogue est là au quotidien dans nos entreprises, renchérit Philippe Plantin, membre d'ADNA et délégué artisanat à la CGPME 35. On serre la main de nos employés tous les matins, je connais leurs familles. Quand on a un problème, on sait le régler entre nous, on est assez grands! Aucun patron artisan n'a encore été séquestré. Alors, nous n'avons pas besoin d'une personne extérieure pour discuter. Il n'y a pas de manque actuellement. Mais ils ont peut être peur qu'on n'assure pas nos conventions collectives, qu'on sous-paie nos salariés... Mais tout cela est déjà vérifié par ailleurs». Pour Christian Pinel, on veut «complexifier le dialogue social et démunir l'artisan de son lien fort avec ses salariés».
Prélèvement de 0,15%
Les artisans sont d'autant plus remontés que depuis deux ans, ils paient déjà un prélèvement obligatoire de 0,15% au titre du dialogue social. «28M€ ont ainsi été récoltés en 2009, témoigne Philippe Plantin. Une somme qui finance grassement certains syndicats». Pour Christian Pinel, «l'indépendance syndicale exigerait au contraire que l'essentiel des ressources soient assurées au moyen de cotisations volontaires des adhérents. Non pas de fonds prélevés autoritairement sur l'ensemble des artisans. La France a besoin d'artisans, alors il ne faut pas nous mettre des bâtons dans les roues».
L'association ADNA, ?Artisans de notre Avenir?, part en guerre contre le projet de loi qui vise à instituer une représentation collective du personnel dans les entreprises de moins de 11 salariés. Pour eux, le dialogue social existe déjà. Pas besoin d'une personne extérieure.