Pour les chefs d'entreprise, il n'est pas toujours simple de parler ouvertement de rentabilité. Notamment vis-à-vis des clients. Mauvais chiffres, et c'est le doute qui s'installe chez eux quant à la pérennité de leur fournisseur. Bons chiffres, et c'est une suspicion de marges trop importantes. Pourtant, «qui dit rentabilité, dit capacité d'investissement et capacité de maintien dans des périodes troubles», résume Guillaume Semblat, directeur général et cofondateur de RegionsJob, à Rennes. Tout comme l'an passé, en matière de rentabilité, le portail internet se classe dans les vingt premiers (7e en 2008, 5e cette année). Guillaume Semblat l'explique par plusieurs facteurs. «C'est à la fois un chiffre d'affaires qui monte en 2008 grâce à un début d'année époustouflant. Et ce sont en même temps des investissements qu'on a reportés.» Et de résumer l'année dernière par un mot: contraste. «Ce fut notre plus grosse année en terme de chiffre d'affaires depuis la création (en 2000, ndlr). Mais aussi la première année où l'on a enregistré des baisses de commandes, sur les derniers mois.» Un arrêt brutal intervenu lors d'une journée bien précise: celle de la faillite de Lehman Brothers, aux États-Unis. «Les clients arrêtaient toutes leurs commandes. C'était la course au catastrophisme», se souvient Guillaume Semblat. Face à une chute aussi vertigineuse, quel fut donc le secret de Regionsjob? «On a la chance d'être sur des systèmes d'abonnements annuels, ventilés sur le plan comptable sur douze mois.» Conséquence, les réserves permettent de faire face à la baisse d'activité. Une deuxième raison intervient: la nature des actionnaires. «On a la chance - et je le dis sincèrement - d'avoir un acteur industriel dans le capital (Le Télégramme, ndlr), poursuit Guillaume Semblat. On n'a pas la pression de la Bourse comme l'ont nos deux principaux concurrents.»
«Rentabilité = capacité d'investissement»
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la rédaction
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