Un Pilatus PC 12 neuf de huit places confortables et deux pilotes, qui peut embarquer deux fois plus de passagers que le TBM 850, et aller 50 % plus loin, à quelque 3.000 km de sa base rennaise, pour une consommation économique estimée à 5 l/100 (ramenée au passager)... « Nous avons doublé nos capacités », se félicite Frédéric Caussarieu, actionnaire principal de Vol Direct, aux côtés d'un pool d'entrepreneurs bretons* qui vient d'acheter un deuxième avion.
Deux avions complémentaires
Pour eux, un nouvel investissement de 4,5 millions de dollars (le premier aéronef a coûté 3,5 M$). Pas question pour autant de délaisser le premier appareil de la compagnie, toujours très sollicité pour des déplacements sur la journée, en plus petit comité. « Le nouvel appareil correspond à des missions différentes », précise le commandant de bord entrepreneur, qui emmène régulièrement des cadres et dirigeants d'entreprise, y compris des PME, avec leurs clients ou prospects. Vol Direct draine à une centaine de kilomètres autour de Rennes, y compris Nantes, une clientèle d'affaires, mais aussi publique et de VIP comme des footballeurs. Créée sous forme de GIE en 2009, l'entreprise rennaise a été référencée en compagnie aérienne en 2012 et vient d'évoluer en SAS au capital de 390.000 ? dont le principal actionnaire est Frédéric Caussarieu. La flotte ainsi renforcée, il a fallu aussi muscler l'équipe composée aujourd'hui de huit personnes dont cinq pilotes. Deux pilotes, des professionnels aguerris, ont été recrutés. Côté business, l'entreprise qui voit poindre la rentabilité semble avoir trouvé son modèle avec environ un million d'euros de chiffre d'affaires sur le premier appareil. Le but étant donc de doubler. Une homologation est en cours pour pouvoir élargir au public la clientèle de ce deuxième avion, comme c'est déjà le cas pour le TBM 850. L'avantage : pouvoir embarquer en quelques minutes « sans stress », à l'heure et à la destination voulue, souvent peu desservie par d'autres moyens publics. Le nouvel appareil peut même atterrir sur des aérodromes secondaires aux pistes en herbe ! Frédéric Caussarieu estime le coût (tout compris) à 4 ?/km.
D'autres Vol Direct en France
Aujourd'hui, fort de son décollage économique, Vol Direct veut essaimer. Deux pistes sérieuses sont en cours d'étude avec des entrepreneurs de l'est et du sud-est de la France. Comme en Bretagne, une société spécifique serait montée juridiquement pour acquérir d'un côté un appareil et l'utiliser de l'autre, via une société d'exploitation. Vol Direct cumule en moyenne 350 à 400 heures de vol par an. « 40 % de ces heures sont effectuées par les actionnaires ; 60 % par des extérieurs. » Un plan de vol qui séduit les grands groupes comme les PME qui, seules, ne pourraient pas s'offrir ce service personnalisé en partageant les coûts fixes. Et sans aucun doute l'un des plus beaux bureaux du monde.
SAS Vol Direct
(Rennes - Saint-Jacques) Président : F. Caussarieu 8 salariés CA 2014 : 1 millions d'euros 02 99 35 30 61 www.voldirect.aero
(*) Actionnariat
Dans le tour de table, on trouve : Legendre, SCD Luisina, Biotrial, Pigeon, Soreal, Sepanor (holding de Jean-Louis Duribreux, qui a vendu en juillet dernier les parts que Sepanor possédait dans Sepalumic, alors actionnaire de Vol Direct), Kreizig (Alain Le Roch), Trin Partners (F. Caussarieu).